738 hectares et plus de 2.5 millions de m2 construits en vingt ans, dont près de la moitié de logements, pour environ un milliard d'euros. Ce sont les mensurations gigantesques de l'opération d'intérêt national (OIN) mené par l'établissement public d'aménagement (EPA) Bordeaux Euratlantique au sud de Bordeaux, à Bègles et Floirac. Il s'agit ni plus ni moins que du plus grand projet d'aménagement urbain hors Ile-de-France. Créé en 2010, cet outil d'aménagement piloté par l'Etat et les collectivités locales concernées est au milieu du gué puisque ses opérations doivent s'achever en 2030. Lancée pour accompagner l'arrivée de la grande vitesse à Bordeaux, l'OIN a d'ores et déjà profondément modifié le visage du sud de l'agglomération.
C'est pour s'assurer de la bonne et sincère utilisation des deniers publics dans cette vaste opération que la Cour des comptes a scruté le fonctionnement de l'EPA de 2013 à 2019. L'établissement fonctionne avec une équipe de 53 personnes dirigée depuis six ans par Stéphan de Faÿ, ancien directeur général adjoint de l'EPA de la Défense Seine Arche. "Le management est largement concentré par le directeur général [...] Cette concentration des compétences lui donne un rôle central et incontournable pour appréhender l'activité de l'établissement dans sa globalité. Elle présente toutefois un risque de fragilité pour le fonctionnement de l'établissement en cas d'indisponibilité ou de départ de l'intéressé", considèrent les magistrats, soulignant que l'EPA est très bien inséré dans son environnement local : "Faisant preuve de professionnalisme, de réactivité et d'écoute, l'action d'Euratlantique est unanimement saluée par l'ensemble des acteurs locaux."