La SNCF déploie le solaire en gare malgré les obstacles architecturaux

Maxime Giraudeau
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La gare SNCF d'Angoulême sera en chantier jusqu'en 2026.
MG / La Tribune

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La gare SNCF d'Angoulême sera en chantier jusqu'en 2026.
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Pour rejoindre les quais de la gare d'Angoulême, il faut slalomer entre les piliers d'échafaudage. Sur cet arrêt de l'axe Paris-Bordeaux, les rames continuent à faire halte juste en dessous d'un chantier inédit. Dans la station qui accueille 6 000 voyageurs par jour, la SNCF a lancé à l'automne la toute première solarisation d'une grande halle voyageur. En mission autonomie énergétique, l'opérateur veut couvrir de 2 000 m2 de panneaux l'édifice construit à la fin du XIXe siècle.
« C'est une halle à deux pans qui était équipée de lanterneaux. Ce sont des surfaces vitrées surélevées de la toiture. Historiquement, l'ensemble des grandes halles voyageurs en étaient équipées, car ils permettaient d'évacuer la vapeur des trains, explique Yannick Nicaud, directeur de projet pour SNCF Gares et Connexions. Nous cherchions à retrouver l'identité originale de l'ouvrage, donc nous avons choisi de recréer des lanterneaux pour y disposer les panneaux solaires. » Ce qui permettra de mieux intégrer l'installation photovoltaïque dans un environnement empreint d'éléments architecturaux remarquables.
À la fin du chantier, prévue pour février 2026, la gare charentaise sera la première grande témoin des efforts de la SNCF pour répondre aux attentes des ABF, les architectes des bâtiments de France garants de la préservation des bâtiments historiques. « La réflexion architecturale a été longue entre les ABF et nos techniciens. Il fallait que l'installation reste discrète et se fonde dans le paysage », évoque le directeur de projet. Une dizaine de réunions physiques ont été nécessaires. À l'arrivée, le projet chiffré à 17,4 millions d'euros devra produire 320 MWh d'électricité par an. Un tiers de la production permettra de couvrir les besoins énergétiques du bâtiment, les deux tiers restants seront injectés dans le réseau.
Cette rénovation innovante ouvre la voie à d'autres projets dans l'optique de « solariser un maximum notre foncier pour réduire notre facture énergétique ». Les gares de Sedan et d'Alès vont être couvertes avec des tuiles solaires, sans rien changer à la couleur des toitures. Les grandes halles voyageurs de trois gares parisiennes (Lyon, Austerlitz et Saint-Lazare) sont aussi étudiées de près par la SNCF. Dans le cadre du vaste programme de rénovation de toutes les GHV, chaque projet fera l'objet d'une étude sur la pose de panneaux.
Maxime Giraudeau