Chantier naval : Couach a remis le cap sur l’ambition

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Elle a commencé en 1897, l'aventure du chantier naval Couach, mais elle aurait pu s'arrêter avec une mise en liquidation judiciaire, en 2009, avant que Fabrice Vial ne le rachète à la barre du tribunal de commerce de Bordeaux. Elle aurait pu s'arrêter aussi après la mort tragique de ce dernier, assassiné en 2011.
Mais c'était avant que la holding Nepteam n'en prenne le contrôle, en 2013, et n'investisse dans ce chantier naval capable, et c'est le seul en France, de concevoir et fabriquer des super yachts de 50 m.
Sous la houlette d'une nouvelle direction et d'un premier PDG, Christophe Kloeckner, puis plus récemment de son successeur, Walter Ceglia, le chantier naval a opéré une transformation qui s'avère payante.
Entre 2015 et 2016, le chiffre d'affaires annuel de Chantier Naval Couach aurait été multiplié par 3 pour atteindre 60 M€ et le chantier a recruté massivement puisqu'il compte 260 salariés actuellement et 110 intérimaires.
Une transformation largement accélérée, voire initiée par la victoire du chantier naval girondin dans l'appel d'offres du chantier allemand Lürssen pour la production, en sous-traitance, de 79 intercepteurs vendus à l'Arabie Saoudite.
"Il y a eu clairement un avant et un après contrat intercepteur en ce qui concerne au moins l'activité de Plascoa, notre entité en charge de l'activité militaire et industrie", reconnaît Walter Ceglia, polytechnicien italien maîtrisant six langues, passé par Harvard et la direction de grands groupes de l'informatique et de l'énergie avant de prendre, en mars dernier, la direction générale du chantier naval Couach.
Une remise en question qui permet au chantier de produire à un rythme extrêmement soutenu (mais qui doit rester secret dixit Guillaume Peuchant, responsable de l'activité défense de Chantier Naval Couach) la commande en cours qui change la donne en matière de visibilité pour l'activité Plascoa.
Doté d'un matériel modernisé, d'une nouvelle organisation et de compétences internes de très haut niveau, le chantier naval Couach s'avère compétitif
Un "Fast Interceptor Craft" qui aurait, selon nos informations, rencontré beaucoup d'intérêt lors de sa présentation en octobre dernier à Euronaval (Paris - Le Bourget). Pas moins de 36 délégations militaires étrangères se seraient arrêtées sur le stand de Chantier Naval Couach et auraient manifesté de l'intérêt pour le nouveau bateau présenté par le chantier girondin.
Tous les moyens aussi, dans l'autre activité forte du chantier naval, celle de la production des yachts, de répondre dans des temps record aux exigences des clients des bijoux flottants Couach qui vont de 20 à plus de 40 mètres de long.
Aux compétences initiales du chantier plus que centenaire s'ajoute, désormais, un département R&D qui compte 10 personnes et aux designers maison s'ajoute depuis peu une collaboration avec Espen Øino, grand designer norvégien du monde du yachting.
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Au total Chantier Naval Couach compte cinq gammes (Mediterranean, Timeless, Super Sport, Lounge et Super Yachts collection) à son catalogue, dont trois ont été dessinées par Espen Øino dont celle des super yachts de plus de 40 mètres.
Lors d'une présentation privée organisée à Monaco, le 38 mètres de la "Lounge collection", dessinée en interne par Clément Carbonne, a suscité l'intérêt de nombreux clients potentiels.
L'équipe commerciale renforcée autour de Walter Ceglia et qui est depuis peu présente physiquement dans le sud-est de la France, s'attèle à finaliser les premières signatures de contrat pour ce bateau qui nécessite environ 3 ans de travail pour une production ultra personnalisée assurée par les ateliers dédiés à l'activité Yacht et placés depuis quelques jours seulement sous la direction de Jean-Yves Corvisier.
Des ateliers qui sont véritablement au cœur de la stratégie de développement de l'activité de Chantier Naval Couach.
En clair, le Chantier Naval Couach met son outil de production et ses ressources humaines à disposition de marques qui n'ont pas l'outil leur permettant de réaliser certains nouveaux produits qui nécessiteraient de trop lourds investissements pour des ventes limitées en nombre.
Walter Ceglia (Pdg)
Après avoir bénéficié en partie du travail entrepris depuis 2013 pour réinstaller le chantier naval sur de bonnes bases financières, l'avoir fait monter en puissance sur le plan technique, des méthodes de travail et des compétences et l'avoir fait monter en charge sur le plan de la production, l'équipe dirigeante actuelle s'attaque à un autre challenge, commercial celui-là.
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L'examen rapide du parcours professionnel semble montrer en effet qu'il s'est fait une spécialité, en Europe ou en Amérique du Sud, du développer le business des sociétés qui l'ont sollicité.
Le Chantier Naval Couach pourrait visiblement être plus mal barré...
Pascal Rabiller