Le nautisme néo-aquitain efface le traumatisme de 2008 (2/2)

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
C'est en septembre 2000 qu'Emmanuel Martin reprend avec son épouse Béatrice le chantier naval Dubourdieu, à Gujan-Mestras, constructeur emblématique de pinasses de plaisance. Ces monocoques à fond plat qui étaient autrefois des barques sont devenus des bateaux haut de gamme typiques du bassin d'Arcachon. La crise de 2008 ne va pas frapper Dubourdieu directement.
Le patron du chantier naval Dubourdieu va pouvoir tirer parti d'une offre de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) pour la construction des deux premiers catamarans du service de transport en commun fluvial de la CUB.
"J'ai réussi à construire deux Batcub et un bateau de croisière pour des balades sur le bassin. Sans ces contrats je ne sais pas ce que l'on aurait fait pendant la période 2010-2013" souligne Emmanuel Martin.
En 2013 le chantier d'Arcachon réussit toutefois à ouvrir une représentation à Cannes pour se créer de nouveaux débouchés et sortir du bassin d'Arcachon.
Emmanuel Martin, dirigeant du chantier Dubourdieu (crédit photo Dubourdieu)
"Depuis la crise de 2008 Dubourdieu a perdu des volumes dans la plaisance. Nous faisons moins de bateaux mais plus haut de gamme" recadre Emmanuel Martin, qui annonce un chiffre d'affaires moyen de 2 M€ hors taxes. "En plus de la construction il y a le refit, l'hivernage, où nous nous occupons de 100 bateaux dans un hangar de 800 m2 à double peau. Nous faisons aussi de la location de bateaux avec skipper et de la vente d'occasion" expose le dirigeant.
Décidé à innover, Emmanuel Martin a lancé un modèle dessiné par les stylistes de Courrèges.
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Labellisé Entreprise vivante du patrimoine (EPV), le chantier Dubourdieu fait valoir qu'il est à fond sur le "made in France".
Rhéa Marine, à La Rochelle, construit des bateaux de plaisance pour la pêche et la promenade, de puissantes vedettes de 6,5 à 10 mètres.
"Nous ne fabriquons les bateaux que quand ils ont été vendus. Ce sont de beaux objets 30 à 40 % plus chers que les équivalents faits pour les marchés de masse" distingue Alex Pinet, directeur général de ce chantier naval. Des bateaux vendus autour de 180.000 € pièce.
Le 750 Open, de Rhéa Marine (crédit photo Rhéa Marine)
Ne pas fabriquer avant d'avoir vendu n'a pas suffi à Rhéa pour faire face au tsunami financier de 2008.
Le DG situe le chiffre d'affaires de sa PME, qui emploie 25 salariés, autour de 4,5 M€ et souligne que Rhéa, repris en 2012 par le groupe nantais DLJ, n'a renoué avec la croissance qu'à partir de 2013. Rhéa écoule 35 % de sa production à l'export, pour une croissance de près de +3 % par an. Prochain objectif d'Alex Pinet : lancer une vedette de 12 mètres. Pour les 20 ans du chantier, en avril dernier, le dirigeant a proposé à sa clientèle une série vintage, "ça a reboosté l'image de Rhéa" observe-t-il. Ancien directeur commercial du chantier, Alex Pinet est bien décidé à développer le grand export, orienté vers l'Amérique du Nord et l'Asie, filant dans le sillage des leaders de la plaisance.
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Le nautisme de plaisance, qui consolide les métiers de la construction navale, de la conception à l'armement, se concentre en Nouvelle-Aquitaine dans le bassin d'Arcachon et Bordeaux, en Gironde, et La Rochelle, en Charente-Maritime. Cette filière totalise 800 entreprises (400 dans chaque département), compte 6.300 emplois, dont 3.400 en Charente-Maritime et 2.900 en Gironde, pour un chiffre d'affaires consolidé de 760 M€. Cette filière régionale est avantagée par la tenue à La Rochelle du Grand Pavois, plus grand salon nautique de la façade atlantique.
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