Ford accorde un bon point en productivité à Ford Aquitaine Industries

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Un nouveau comité de suivi dédié à Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Bordeaux Métropole), a été organisé ce lundi 23 octobre à la préfecture de la Gironde, à Bordeaux. Spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, Ford Aquitaine Industries, qui emploie désormais 900 salariés, est une filiale directe de Ford Europe, dont le siège est à Cologne (Allemagne). Depuis plusieurs mois les syndicats de l'usine, qui fabrique actuellement la boîte de vitesses 6F35 - parmi d'autres activités - s'inquiètent de l'absence de nouveau projet industriel pour assurer l'avenir. La fabrication de la 6F35 pourrait être complétée par la mise en production en parallèle d'une autre boîte de vitesses, la 6F15, ce qui ne constituerait pas pour autant le nouveau projet industriel. C'est de la mise en production de la boîte de vitesses 8FMID dont rêvent aujourd'hui les syndicats.
Si Philippe Poutou et Gilles Lambersend veulent encore croire au lancement d'un nouveau projet industriel à FAI, c'est bien l'inquiétude qui domine leur analyse. Sachant qu'en mai 2018 l'accord signé en 2013 par Ford Europe avec les pouvoirs publics (services de l'Etat, collectivités territoriales) qui l'ont financièrement aidé arrivera à son terme. Une date butoir au-delà de laquelle les syndicats craignent que Ford se désengage de l'usine et supprime tous les emplois restants. C'est dans ce cadre que se déroulent les comités de suivi de FAI, qui sont coordonnés par le préfet du département de la Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine, Pierre Dartout.
Hier la conclusion positive de l'étude menée par le groupe Ford sur la productivité de FAI a été annoncée. Le comité de suivi de ce lundi a réuni plusieurs cadres dirigeants de Ford Europe, à commencer par Linda Cash, vice-présidente de Ford Europe en charge la production, c'est-à-dire des usines européennes (mais aussi au Moyen-Orient, en Afrique du Sud...), Kieran Cahill, président de FAI, directeur de la division moteurs et transmissions de Ford Europe, Andrew McCall, vice-président des relations institutionnelles de Ford Europe ou encore Gerd Inden, directeur général de FAI.
Benoit Simian, Alain Juppé, Pierre Dartout, Isabelle Ferreira, Christine Bost hier à la préfecture (photo Jean-Philippe Déjean)
Les élus étaient également venus au complet, avec Christine Bost, 1ère vice-présidente (PS) du Conseil départemental de la Gironde, Véronique Ferreira, maire (PS) de Blanquefort, Alain Juppé, maire (LR) de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Benoit Simian, député (LREM) de la 5e circonscription et Francis Wilsius, conseiller régional (PRG), ex-agent technique de FAI et figure emblématique (sous les couleurs de la CFTC) du combat mené par les syndicats de l'usine Ford de 2009 à 2011. En plus de la CGT, la CFTC, représentée par Jean-Luc Gassies, était présente, ainsi que FO et la CFE-CGC.
Faire dire au groupe Ford s'il va finalement lancer un nouveau projet industriel qui sauvera l'usine ou au contraire opter pour sa fermeture, c'est un peu comme essayer d'attraper la queue de Mickey quand on pense qu'on est trop petit pour y arriver. On sait que ce ne sera pas facile mais il n'est pas question de ne pas essayer.
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Linda Cash (FMC)
En plus clair, c'est bien de la volatilité du marché automobile qu'il s'agit. Soit une autre note d'incertitude dans un dossier déjà compliqué. D'autant que le calendrier va à lui seul générer un vrai suspense.
Avec un calendrier décisionnel apparemment conçu pour pouvoir être étiré jusqu'à mars 2018, les syndicats risquent d'être vent debout. Le préfet Pierre Dartout a de son côté jugé le comité de suivi de ce lundi satisfaisant.
Loïc Prud'homme, député France Insoumise de la 3e circonscription de Gironde, est également venu devant la préfecture (photo Jean-Philippe Déjean)
Le préfet de la Gironde a ensuite ajouté que la recherche de nouveaux produits à fabriquer par FAI restait à l'ordre du jour et que des groupes de travail planchaient sur le sujet. Tant sur la diversification que sur la faisabilité de la mise en production de la nouvelle boîte de vitesses 8FMID.
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En tout état de cause, pour importante qu'elle soit, il semble bien que cette deuxième étude ne préjuge pas de la décision que prendra in fine le groupe Ford. Alain Juppé a rappelé pour sa part que le dossier de FAI, avec ses 900 emplois, était très important pour la Métropole, soulignant avec plaisir que les salariés de FAI avaient réussi à faire grimper leur indice de productivité de +8 % alors qu'il leur suffisait de +7 % pour rattraper le standard de Ford. Christine Bost s'est félicité que les représentants de Ford Europe aient évoqué un investissement de 127 M$ dans le cas où la mise en production de la nouvelle boîte de vitesses serait validée. La fabrication de moteurs de voitures électriques reste une piste de diversification étudiée, sachant que les véhicules propulsés à l'électricité n'ont pas de boîte de vitesses, a confirmé Francis Wilsius.
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