L’Aérocampus Aquitaine lance un plan d’investissement à 18 M€

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Comme il est officiellement le seul candidat en lice, Jean-Luc Engerand, qui assurait jusqu'ici la direction des programmes du groupe Safran, devrait être sans surprise élu ce mardi à la présidence d'Aérocampus Aquitaine, association loi 1901, lors de l'assemblée générale qui se tient au lycée professionnel Jehan Duperier, à Saint-Médard-en-Jalles (Bordeaux Métropole). Jean-Luc Engerand va ainsi succéder à Denis Guignot, aux commandes de l'association depuis sa création, en 2011, qui vient d'annoncer son départ.
Cadre dirigeant dans l'aéronautique, Jean-Luc Engerand a occupé plusieurs postes et travaillé en Gironde où il a notamment présidé l'association BAAS (Bordeaux Aquitaine Aéronautique et Spatial), l'un des quatre principaux cofondateurs d'Aérocampus Aquitaine, avec l'Education nationale, la Région Aquitaine et l'Union des industries et métiers et de la métallurgie (UIMM) d'Aquitaine. L'établissement scolaire où se tient l'assemblée générale de ce mardi n'a pas été choisi au hasard puisque l'Aérocampus va y ouvrir un atelier dédié au câblage aéronautique.
L'Aérocampus Aquitaine met du personnel à disposition et investit dans cet établissement 250.000 euros. C'est ainsi que le lycée Duperier a été équipé notamment d'une pointe avant d'Airbus A320 et qu'il recevra bientôt un fuselage de Falcon 900. Un fait d'autant plus notable que ce lycée est installé à l'ouest de Bordeaux tandis que Latresne, où se trouve le siège et le site de l'Aérocampus est à l'est, sur la rive droite de la Garonne.
L'une des chambres de l'hôtel Amélia de l'Aérocampus (DR)
A terme il s'agit pour l'Aérocampus, qui manque désormais de place sur son site de Latresne (20.000 m2 de plancher) et va continuer à se densifier, de développer de nouvelles activités hors de ces murs historiques. "Jehan Duperier préfigure l'arrivée de l'Aérocampus sur la rive gauche" confirme Jérôme Verschave. Une diversification marquante puisqu'elle va se faire à Mérignac, en plein cœur du pôle aéronautique métropolitain.
Quant au deuxième plan d'investissement, il est déjà lancé et va porter le virage initié par l'Aérocampus, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de ses murs.
Une des élèves de l'Aérocampus Aquitaine (DR)
Le bâtiment dévolu au pôle avionique devrait ainsi développer 2.000 m2 de plancher. Alors même que le premier coup de pioche n'a pas encore été donné, une dizaine d'entreprises de formation sont déjà dans les starting blocks pour venir s'implanter sur le site, souligne le directeur, "parce qu'elles veulent bénéficier de la marque Aérocampus à laquelle elles accéderont en venant ici".
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Ce nouvel investissement va également permettre de créer des volières à drones dans le cadre du projet Drone Campus. Car il n'est pas possible de tester ces petits aéronefs pilotés à distance dans un espace totalement ouvert.
"Nous utilisons aujourd'hui un gymnase à temps partiel, quand les élèves en sport n'y sont pas. Nous avons besoin de deux volières à plein temps pour nos essais. L'une totalement fermée et l'autre ouverte sur l'extérieur mais bouclée par des filets. Comme ça d'ici janvier 2018 nous pourrons commencer à lancer des formations" relève le directeur.
Il faut des volières pour développer puis entrainer les drones (DR)
Ce Drone Campus, unique en son genre en France, doit permettre aux constructeurs, développeurs, utilisateurs, universités et clients des secteurs professionnel et loisirs de lancer des modules de formation aux nouvelles technologies et applications spécifiques aux drones sur un même site. En plus des volières intérieure et extérieure, le Drone Campus offrira à ces professionnels un banc d'essai, des ateliers équipés ou encore une imprimante 3D. Plusieurs projets portés par l'Aérocampus ou auxquels l'association s'associe sont en cours de développement à Mérignac.
Le plus spectaculaire de ces projets est baptisé "Tarmaq". Il consiste à reprendre l'actuel Conservatoire de l'air et de l'espace de Mérignac, qui regroupe plus de 70 aéronefs, pour le mettre en valeur et en faire une activité capable de s'autofinancer.
Le projet n'en est encore qu'à ses prémices mais la future cité, qui devrait marier propositions ludiques, à la façon d'un lunapark, et activités plus sérieuses, telles que la formation, va disposer de 10 hectares qui seront mis à disposition en plusieurs tranches.
L'équipe de l'Aérocampus Aquitaine a écumé les parcs d'attraction pour préparer le projet "Tarmaq" (DR)
La future Cité de l'aéronautique devrait développer au final 60.000 m2. Une maison du projet doit sortir de terre dès l'an prochain.
"Avec juste la formation, Aérocampus n'équilibrerait pas son budget. C'est grâce à l'activité hôtelière que nous y arrivons. Nous avons étudié de nombreux parcs d'attraction en Europe pour préparer le projet. Pour que la formule fonctionne il faut compter que 30 % des recettes sont générées par la restauration et l'hôtellerie" détaille Jérôme Verschave.
En parallèle l'Aérocampus Aquitaine, qui a fini par s'imposer comme une référence chez les constructeurs du secteur aéronautique-spatial-défense, annonce la conclusion d'un partenariat avec Dassault Aviation, dont l'usine de Mérignac sera toute proche de la future Cité de l'aéronautique. Il s'agit en l'occurrence de développer l'inspection des avions par des micro-drones autonomes.
Jérôme Verschave, directeur de l'Aérocampus Aquitaine (DR)
Un projet très innovant que l'Aérocampus soutiendra avec l'ensemble de ses moyens matériels basés à Latresne, avec une très probable mise à contribution des moyens du Drone Campus mais aussi de la flotte aérienne du site de Latresne, qui sert à la formation et comprend un Super Etendard modifié, trois Epsilon (avion militaire de formation), un Cessna F406 des Douanes et un Falcon 50. Structure unique en son genre en France, Aérocampus Aquitaine forme aujourd'hui 270 élèves, contre 93 lors de la première année, du bac pro (anglais/allemand) au BTS, et a développé une expertise internationalement reconnue, en premier lieu dans la formation professionnelle à la maintenance aéronautique.
C'est ainsi que le site de Latresne forme depuis 2016 des stagiaires militaires qataris, âgés de 20 à 28 ans, avec un niveau 3e à Bac +1, en vue de la préparation d'un brevet de technicien dans l'armée de l'Air. Et Jérôme Verschave est rentré récemment d'un voyage en Inde, dans la ville d'Hyderabad, où l'Aérocampus Aquitaine devrait dupliquer son modèle de formation à la maintenance aéronautique.
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"Cette école on la crée, dans le cadre d'un accord négocié par Bordeaux Métropole avec le Telangana, l'Etat dont fait partie la ville d'Hyderabad. On crée l'école mais on ne sait pas encore ce qu'il y aura dedans" résume le directeur de l'Aérocampus. L'Aérocampus Aquitaine est également en train de se rapprocher de l'Institut de maintenance aéronautique de Casablanca (Maroc) et a participé en décembre 2016 à la mise en place du concours pour le recrutement de 80 techniciens par Tunisair Technics. Avec en perspective un partenariat beaucoup plus poussé avec le groupe aéronautique tunisien.
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