Ford lâche son usine de Blanquefort

Jean-Philippe Déjean

Ford pense que la chute de la livre lui coutera 600 millions de dollars
© Carlos Jasso / Reuters

Jean-Philippe Déjean

Ford pense que la chute de la livre lui coutera 600 millions de dollars
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"Cette déclaration n'est pas un scoop car on ne sentait plus vraiment la direction de Ford. Ils ne ferment pas la porte mais estiment qu'il n'y a rien... ce qui confirme leur volonté de fermer l'usine" a commenté à la mi-journée Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde), et ex-candidat NPA à la dernière présidentielle, depuis son domicile où il est malade. Coincé chez lui, Philippe Poutou suit tout de même les événements de près et a accepté de les commenter pour La Tribune à Bordeaux, alors que ses collègues étaient en assemblée générale à Ford Aquitaine Industries.
Dans son communiqué rendu public ce mardi à 13 h 29, la direction de Ford Motor Company, dont le siège se trouve dans la banlieue de Détroit, précise avoir eu "une rencontre constructive avec Monsieur Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et son équipe... Nous avons également rencontré aujourd'hui le comité d'établissement, poursuit le communiqué de FMC, et confirmé qu'en conclusion de l'étude formelle, il s'avère que la fabrication de la nouvelle transmission 8 vitesses à FAI n'était pas économiquement viable".
Un vrai coup de massue pour les salariés de FAI, usine spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui sont dans l'attente d'un nouveau projet industriel pour assurer le futur de leur entreprise et qui ont appelé à débrayer ce mardi de 13 h à 15 h. Ce communiqué de Ford, qui signe la condamnation à mort du projet 8FMID à FAI, s'achève ainsi :
Très engagé dans ce dossier, le ministère de l'Economie et des finances a réagi à l'annonce du constructeur automobile américain. Dans le communiqué numéro 357, Bruno Le Maire annonce ainsi qu'il "réunira dans les prochains jours au ministère les représentants des salariés du site ainsi que les élus concernés, afin de faire le point sur la situation et les suites à lui donner". Le ministre se fait ensuite plus précis en annonçant qu'il souhaite que "le groupe Ford travaille de manière étroite avec les représentants de salariés, les collectivités locales concernées et l'Etat afin de garantir la pérennité de ce site industriel et le maintien à long terme de l'emploi".
Bruno Le Maire explique qu'il a rencontré récemment Steven Armstrong, le président du groupe Ford Europe, dont le siège est à Cologne, et qu'il lui a demandé de maintenir une charge de travail suffisante jusqu'à fin 2019. Pour permettre la recherche de nouvelles solutions dans les meilleures conditions.
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Puis le ministre charge le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, et le délégué interministériel aux restructurations d'entreprises, Jean-Pierre Floris, "d'engager avec l'entreprise toutes les démarches nécessaires pour assurer la pérennité du site et d'en effectuer un suivi particulièrement rigoureux". Autrement dit le sujet de FAI, qui emploie près de 900 salariés, est pris très au sérieux par le gouvernement. La perspective de la tenue d'un nouveau comité de suivi dédié à FAI semble s'être sérieusement éloignée mais le dossier Ford Aquitaine Industries n'est pas pour autant encore refermé. "La situation est vraiment très mauvaise mais nous ne lâcherons rien et nous ne désespérons pas que l'action du gouvernement finisse par convaincre Ford de bouger" déroule Philippe Poutou.
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