Ford Aquitaine Industries : "J'ai perdu la bataille sur ce PSE" déclare Jean-Pierre Floris

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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Cette filiale de Ford Europe, à Blanquefort (Bordeaux Métropole), qui emploie plus de 800 salariés et fabrique des boîtes de vitesses automatiques, perdra ses derniers plans de charge l'an prochain. Ford s'est engagé à rémunérer les salariés de FAI jusqu'à septembre 2019. Mais depuis l'annonce du lancement d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), lors du comité d'entreprise extraordinaire du 7 juin, les perspectives initiales se sont brouillées. La plupart des syndicalistes, et ils ne sont pas les seuls, craignent désormais une fermeture définitive de l'usine bien avant septembre 2019. Opposés il y a encore quelques jours à une reprise de l'usine, les syndicalistes, désormais placés sous la menace d'un PSE, rallient cette option controversée.
Philippe Poutou, délégué CGT de FAI et ex-candidat à l'élection présidentielle, est sorti de cette rencontre plutôt énervé.
Pour les participants à ce comité de suivi, l'impression générale est qu'avec son PSE Ford a mis le couteau sur la gorge de tous les acteurs du dossier, y compris les élus et des services de l'Etat.
La confusion créée par le télescopage entre reprise de l'usine et plan de sauvegarde de l'emploi domine la couleur psychologique de ce paysage d'entre-deux, où seul Ford semble avoir pu pousser ses pions dans la direction voulue.
Jean-Pierre Floris tient cependant à rappeler que des perspectives d'évolution restent ouvertes. "Nous avons obtenu qu'il y ait une réunion fin juillet avec les dirigeants de Ford Europe pour que l'identité du repreneur de FAI soit connue. Il ne faut pas que ce PSE remette en cause les compétences au sein de l'effectif de Ford Aquitaine Industries, afin d'avoir un maximum de chance de convaincre un éventuel repreneur", a déroulé le délégué interministériel aux restructurations d'entreprises.
Le député LREM du Médoc, Benoit Simian, partage l'avis général et ne comprend pas que des pistes nouvelles, évoquées il y a déjà plusieurs mois n'aient pas été étudiées en détail.
Dans son communiqué officiel, Ford enfonce le clou sur l'absence de contenu de ce comité de suivi. Ni les élus ni les services de l'Etat n'ayant apportés la moindre nouvelle option constructive concernant le futur de l'usine, le groupe Ford a souligné qu'il a réitéré ce qu'il avait déjà annoncé le 7 juin.
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Avant de rappeler que la priorité restait à la reprise de l'entreprise et de confirmer qu'il n'y aurait aucun départ contraint de l'usine avant septembre 2019. Le groupe Ford conclut en estimant avoir rempli ses responsabilités vis-à-vis des collectivités au cours de ces dernières années, avec 144 M€ investis dans l'usine depuis 2011 pour 26,5 M€ d'aides publiques reçues. Les 19 et 20 juin des représentants des quatre syndicats ouvriers de l'usine se rendront à Cologne, au siège de Ford Europe, pour manifester lors de la tenue du comité de groupe.
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