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Ford Aquitaine Industrie : l’angoisse de la fermeture s’étend à Getrag Ford Transmission

Photo de Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean

Publié le 08 janvier 2019 à 12:04 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:06

GFT Port Ouest

GFT Port Ouest

J. Philippe Déjean

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Dans l’usine Getrag Ford Transmission (GFT), située non loin de celle de Ford Aquitaine Industries, condamnée par Ford à la fermeture en août prochain, l’inquiétude prend forme. Les deux usines sont liées par plusieurs importantes infrastructures et ont un même donneur d’ordres dont tout le monde pense désormais qu’il veut cesser de produire en Europe, le groupe Ford.

Avec la mise en production depuis 2017 de la boîte de vitesses manuelle MX65, destinée aux petits modèles européens de Ford, soit une production annuelle de 550.000 unités pour une charge de production étalée sur 10 ans, les 1.262 salariés (en durée indéterminée, déterminée, intérimaires, détachés de FAI) de l'usine Getrag Ford Transmission (GFT), à Blanquefort (Gironde), n'ont en principe pas de soucis à se faire.

Pourtant l'annonce par le groupe Ford de la fermeture d'ici le mois d'août de l'usine Ford Aquitaine Industries (FAI), distante de quelques centaines de mètres de celle de GFT, commence à inquiéter certains salariés de GFT, à commencer par les adhérents de la CGT. Pendant des années ces deux unités de production ont été présentées par le groupe Ford comme des usines sœurs à la base d'un pôle automobile unique en Gironde, FAI fabriquant des boîtes de vitesses automatiques pour le marché américain et GFT des boîtes de vitesses manuelles pour l'Europe.

Les usines FAI et GFT sont encore liées

La situation a commencé à changer à partir de juillet 2015, quand le géant canadien Magna, équipementier lié à Ford à l'échelle mondiale, a pris le contrôle du groupe allemand Getrag. Sa filiale française Getrag Ford Transmission (GFT) est ainsi passée sous le pavillon de Magna. Avec l'arrivée de Magna, le concept des deux usines sœurs a cessé d'exister, les salariés de GFT sont devenus encore plus discrets que par le passé, tandis que la direction optait pour le silence radio. Malgré la séparation désormais affichée entre les deux usines, la réalité semble bien différente. C'est ce que le syndicat CGT de GFT a décidé de mettre en lumière.

"Notre histoire est, encore aujourd'hui, très liée à celle de FAI. Au-delà des liens quasi familiaux qui nous unissent, nous avons encore d'importants équipements communs, tels qu'une centrale électrique, un traitement des eaux, des services d'affûtage de nos outils de production, l'outillage, des aires de gestion de déchets solides... tout ceci géographiquement situés dans l'enceinte de FAI. Le terrain même sur lequel est bâtie notre usine appartient en totalité à Ford. De plus, le groupe Ford détient encore 50 % de notre capital et, dernier point mais probablement le plus important, 100 % de notre production est destinée aux véhicules Ford !", déroule ainsi la CGT.

Quand l'inquiétude se traduit en questions brûlantes

Les cégétistes témoignent d'une inquiétude qui devrait prendre davantage de corps au fur et à mesure que la date de la fermeture définitive de l'usine FAI va se rapprocher.

"Avec l'annonce de Ford, du 13 décembre 2018, affirmant fermer l'usine FAI en septembre 2019 et refusant le repreneur Punch, malgré les accords négociés entre les représentants syndicaux et les dirigeants de cette entreprise, nous nous posons très légitimement des questions sur le futur de GFT. Tous les acteurs ont bien compris qu'il s'agissait d'une décision bien plus politique qu'économique ou rationnelle, la qualité du site de FAI étant reconnue mondialement", argumente ainsi la CGT.

Avant de lancer un début d'appel en direction de la direction du groupe Ford mais aussi des services de l'Etat et des élus.

"Ford va-t-il conserver ses parts au sein de GFT ? Ford va-t-il continuer à acheter nos boîtes de vitesse girondines ? Nous pensons qu'il faut aujourd'hui que Ford apporte des réponses aux salariés de GFT et que les acteurs publics s'interrogent également sur cette stratégie de fuite, qui fait craindre à une disparition de l'usine GFT à Blanquefort et peut être même des usines Ford, globalement, en Europe" alerte le syndicat.

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Cette prise de position est d'autant plus frappante que, jusqu'à présent, les syndicats de GFT ne se sont, dans le meilleur des cas, engagés qu'avec beaucoup de prudence dans le combat pour la défense de FAI.

Jean-Philippe Déjean

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