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Business - La Tribune BordeauxIndustrie - La Tribune Bordeaux

D'ici 2027 la métallurgie néo-aquitaine va devoir recruter jusqu'à 30.000 salariés !

Jean-Philippe Déjean

Publié le 21 novembre 2019 à 13:37 - Mis à jour le 21 novembre 2019 à 15:42

Les métiers de la métallurgie ne sont plus ce qu'ils étaient et avec l'industrie 4.0 il n'est presque plus besoin de se salir, veut faire savoir l'UIMM.

Les métiers de la métallurgie ne sont plus ce qu'ils étaient et avec l'industrie 4.0 il n'est presque plus besoin de se salir, veut faire savoir l'UIMM.

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Pour faire face aux départs à la retraite et à une pyramide des âges très déséquilibrée, les entreprises de la métallurgie de Nouvelle-Aquitaine vont devoir recruter 28.000 à 30.000 salariés d'ici 2027. Soit une cadence annuelle de 7.000 à 7.500 embauches. C'est la révélation de l'étude Commete dévoilée ce jeudi matin par l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM).

Ce jeudi matin 21 novembre a été dévoilée l'étude "Compétences, mutations, métiers et transitions des emplois" (Commete), commandée à l'Observatoire des métiers de la métallurgie par l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) de Nouvelle-Aquitaine et les partenaires sociaux. Réalisée par le cabinet Katalyse, elle été présentée à la Maison de l'Industrie, dont l'entrée était partiellement occupée par des manifestants CGT représentant l'Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie de la Gironde (USTM), qui entendaient faire connaître leurs inquiétudes au sujet de la filière de la métallurgie.

Le principe de l'étude réalisée par Katalyse a été validé par les partenaires sociaux, dont les syndicats de salariés, parmi lesquels la CGT, mais les manifestants cégétistes ont notamment regretté "que l'enquête n'ait pas donné lieu à un débat contradictoire", ce qui, selon eux, n'aurait "laissé la place à aucune fatalité". En cause : l'impact des nouvelles technologies et leur absence de neutralité, selon qu'elles sont utilisés pour favoriser la productivité et les profits, ou l'amélioration des conditions de travail. Pour améliorer l'attractivité de la filière, les manifestants réclament la création d'une convention collective nationale "qui valorise les qualifications et reconnaisse les diplômes".

Six bassins totalisent 56 % des emplois

Lors de la présentation de l'étude, Xavier Esturgie, vice-président-délégué général de l'UIMM Gironde-Landes/UIMM Aquitaine, a rappelé que la CGT avait été partie prenante de l'enquête Commete, comme les autres syndicats de salariés. En mars 2019, "la région Nouvelle-Aquitaine comptait 120.000 emplois dans la branche métallurgie, dont 104.000 salariés et 16.000 intérimaires. Un quart de cet effectif se trouve dans le bassin d'emploi de Bordeaux. L'étude identifie six zones d'emploi dans la région qui totalisent 56 % des salariés de la métallurgie" a déroulé Cécile Collot, du cabinet Katalyse. Les concentrations les plus élevées d'emplois dans la métallurgie se trouvent dans les bassins d'emploi de Bordeaux (24.239 salariés), Pau (7.913), Bayonne (7.006), Angoulême (6.362), Châtellerault (5.811) et Limoges (5.224). Les salariés néo-aquitains de la branche métallurgie représentent 7,5 % de l'effectif national. Par ailleurs, 7,2 % de l'emploi salarié total de la Nouvelle-Aquitain relève de la métallurgie.

Seuls les bassins de Bordeaux et Marmande sont restés haussiers

Avec 104.000 salariés non intérimaires estimés pour 2019, l'effectif de la métallurgie aura augmenté de 2,9 % cette année en Nouvelle-Aquitaine par rapport à 2017. L'étude jongle avec des dimensions très différentes. Elle examine ainsi également l'évolution de l'emploi régional dans la métallurgie entre 2008 (et sa ravageuse crise financière mondiale) et 2017. Globalement l'effectif néo-aquitain de la métallurgie passe durant cette séquence de 108.553 emplois (2008) à 101.081 en 2017, soit une perte de 7.472 salariés représentant une baisse de 6,8 %.

Recul qui n'est pas territorialement homogène puisque pendant la même période seuls les bassins d'emplois de Bordeaux (+ 1 %) et Marmande (+ 2 %) ont été à la hausse. L'étude montre que 49 % de salariés de la région dans la métallurgie, soit 49.633 personnes (non intérimaires) sont en 2017 des ouvriers et qu'une polarisation vers les emplois les plus qualifiés est en cours depuis dix ans. Cécile Collot explique ce mouvement par l'effet de l'automatisation et de la robotisation, qui génèrent des gains de productivité dans la production, limitant ainsi les besoins d'emplois moins qualifiés, combiné aux tensions sur les recrutements.

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Une pyramide des âges trop déséquilibrée

Malgré les prévisions d'activité plutôt optimistes des chefs d'entreprises à trois ans, l'étude anticipe une très prudente hausse de l'emploi entre 2018 et 2027 où l'effectif non intérimaire atteindrait 104.386 personnes, soit une hausse limitée à 1,2 %. Le chiffre a de quoi surprendre mais il intègre les effets d'une pyramide des âges très déséquilibrée. Ainsi la part des salariés de 55 ans et + n'a cessé d'augmenter entre 2008 et 2017, passant de moins de 15 % à près de 20 %. Alors que la part des moins de 26 ans est passée pendant la même période au-dessous de 5 %.

"La branche connait un effet ciseau constitué par des départs à la retraite importants et un faible renouvellement des effectifs, qui accroit les tensions sur les métiers" observe ainsi l'étude. Autrement dit, pour arriver à 104.386 salariés en 2027 il faut compter 28.000 à 30.000 recrutements à compter de 2018 (101.081 emplois), soit 7.000 à 7.500 recrutements par an !

Le secteur aéronautique et spatial sur-représenté

Les plus importants foyers de recrutements se trouvent dans les départements de la Gironde, avec 1.800 à 2.000 salariés par an, devant ceux des Pyrénées-Atlantiques (1.000 à 1.200), Vienne (700 à 900), Charente-Maritime (700 à 800), Charente et Deux-Sèvres (500 à 600 chacun), Haute-Vienne (350 à 400), Landes (300 à 350), Lot-et-Garonne (250 à 300), Dordogne (200 à 250), Corrèze et Creuse (100 à 150 chacun). L'étude stratifiée par familles de métiers montre que la part des emplois dans l'industrie aéronautique et spatiale est nettement plus élevée dans la métallurgie en Nouvelle-Aquitaine (16 %) que dans l'ensemble de la France (9 %).

A l'inverse l'industrie automobile représente 15 % des emplois de la branche dans la France entière contre 8 % en Nouvelle-Aquitaine. Les autres strates (installation-réparation et autres industries, industrie ferroviaire, industrie navale, fabrication de machines et équipements, fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques et d'équipements électriques, métallurgie et fabrication de produits métalliques) étant réparties de façon quasi équivalente entre la région et le plan national.

Transformation digitale et risque cybernétique

Les écarts deviennent flagrants quand on resserre la focale territoriale. La part de l'industrie aéronautique et spatiale (20 % du total métallurgie régional) représente ainsi 38 % des emplois de la branche dans les Landes, devant les Pyrénées-Atlantiques (35 %), la Vienne (25 %), la Gironde et le Lot-et-Garonne (24 % chacun), la Charente-Maritime (15 %), la Charente et la Haute-Vienne (4 % chacun). Le secteur "métallurgie et fabrication de produits métalliques" représente la première famille de métiers de la branche en région (24 %) et se retrouve dans tous les départements.

A commencer par la Creuse (52 %), la Corrèze et les Pyrénées-Atlantiques (37 % chacun), les Deux-Sèvres (33 %), Landes (28 %), Lot-et-Garonne (26 %), Dordogne (25 %), Vienne et Haute-Vienne (23 % chacun), Charente (18 %), Charente-Maritime (17 %) et la Gironde (15 %). La fabrication de produits informatiques, électroniques, et optique et d'équipements électriques (17 % de l'emploi de la métallurgie néo-aquitaine) arrive devant le secteur installation-réparation et autres industries (15 %), la fabrication de machines et équipements (12 %), l'industrie automobile (8 %), l'industrie navale (3 %) et l'industrie ferroviaire (1 %).

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La région va devoir également compter avec un bon nombre de métiers en forte mutation entre 2022 et 2027, sous l'influence de la transformation digitale des entreprises, marquée notamment par l'implantation de nouveaux systèmes d'information et de nouveaux risques d'attaques cybernétiques, des firmes concurrentes étrangères n'hésitant plus à détruire à distance certains de leurs concurrents directs par ce biais.

Jean-Philippe Déjean

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