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Business - La Tribune BordeauxL’actu de la French Tech Bordeaux - La Tribune Bordeaux

Location de bateaux entre particuliers : Samboat, 3 ans, 3 succès, 3 échecs

Photo de Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Publié le 10 mars 2017 à 10:01 - Mis à jour le 10 mars 2017 à 18:35

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La startup bordelaise Samboat, qui propose aux particuliers de louer leur bateau lorsqu'il est inusité, souffle sa 3e bougie. Son directeur général et cofondateur Laurent Calando revient pour cette occasion sur 3 événements positifs et 3 négatifs qui ont marqué, en bien ou en mal, l'histoire de cette jeune pousse en forte croissance.

Née il y a 3 ans à Bordeaux, Samboat fait partie des startups liées à la consommation collaborative, secteur très dignement représenté dans la capitale girondine avec ses consœurs - et amies - Yescapa, Jestocke... Fondée par Nicolas Cargou et Laurent Calando, Samboat est née lorsque le premier reçoit le second chez Total pour un entretien d'embauche, et que tous deux en viennent à comprendre que le monde des grands groupes implantés à la Défense ne les attire plus. Partant du constat qu'un bateau n'est utilisé en moyenne que 10 jours par an alors qu'il coûte cher (entretien, location d'une place au port de plaisance...), le duo fonde Samboat, plateforme mettant en relation propriétaires et locataires, avec assurance.
La startup a réalisé deux levées de fonds, 250.000 € en mai 2015 et 1 M€ (via leur assureur la Maif) en juillet 2016 et emploie désormais 16 salariés, bientôt renforcés par 8 nouveaux profils. Elle référence aujourd'hui 8.000 bateaux à moteur et voiliers à louer et, sans communiquer son chiffre d'affaires, annonce un triplement de ce dernier chaque année. A l'occasion des 3 ans de la société, son directeur général et cofondateur Laurent Calando revient sur 3 réussites et 3 échecs.

Les 3 réussites

1- "Se retrouver aujourd'hui leader de la location de bateaux entre particuliers en France alors que nous sommes partis les derniers.Nous avons débuté notre activité plus tard que les autres, avec 3 autres acteurs. J'ai eu l'occasion de voir une conférence TEDx où l'orateur expliquait que le principal facteur de succès était le timing. Nous avons eu beaucoup de chances car nous sommes arrivés au bon moment. Sail sharing est le premier acteur français à avoir évangélisé le grand public sur la question de la location entre particuliers, le premier à avoir levé des fonds. On a bénéficié de ce travail de pionnier et nous nous sommes lancé au bon moment, en mars, alors que la saison nautique débute. Restait ensuite à réaliser une bonne exécution commerciale, qui a été facilitéepar l'incubateur L'Auberge numériqueet à son accompagnement, et par les autres membres de la famille de la consommation collaborative à Bordeaux, Yescapa, Jestocke, avec qui nous partageons beaucoup."
2- "Paradoxalement, nos démêlés avec le port d'Arcachon, une histoire mal engagée mais dont nous sommes sortis par le haut.Fin 2014, peu après notre lancement, nous y réalisions 50 % de notre activité. Le port a à cette époque décidé d'interdire aux particuliers la location de bateaux et menaçait les utilisateurs de notre plateforme, en faisant pression sur eux par courriers. Nous avons réussi à transformer cette menace en opportunité grâce à la communication que l'on a faite autour de notre défense et qui a touché l'opinion publique, notamment grâce à une pétition, à des relais dans les médias... Quelques mois après, nous avons réalisé notre première levée de fonds en convainquant des business angels.Ces démêlés nous ont permis de porter notre image et de donner la parole aux plaisanciers. Le conflit n'est toujours pas vraiment résolu à Arcachon, ceci dit. Le port d'Arcachon a arrêté de faire pression sur les usagers de la plateforme, de notre côté nous maintenons qu'ils déformaient le règlement portuaire, nous y avons repris nos activités et travaillons avec un avocat qui étudie si, oui ou non, un port a vraiment le droit d'interdire aux plaisanciers de louer leur bateau."
3- "Notre internationalisation, qui débute encore mais qui se fait de manière spontanéeet qui nous surprend nous-mêmes. Elle est venue naturellement, par le bouche-à-oreille des plaisanciers. Nous louons aujourd'hui des bateaux partout en Europe et au-delà, jusqu'à Bora Bora, même si ces locations sont essentiellement réalisées par des Français. Cette internationalisation va s'accélérer avec une nouvelle version de la plateforme courant avril, le lancement des sites espagnol, italien, allemand etsamboat.compuis une tournée en Europe. Nous allons également ajouter des fonctionnalités de machine learning, pour améliorer le matching entre locataire et propriétaire, et à l'été prochain une nouvelle application avec intégration d'un contrat dématérialisé."

Les 3 échecs

1- "Notre première erreur a été d'externaliser le développement de notre site à nos débuts.Ni Nicolas ni moi ne sommes développeurs. On s'est fait planter, puis nous avons confié la mission de reprendre le dossier à une agence low cost car nous n'avions pas un gros budget et nous devions aller vite. Conclusion, le site n'était pas à la hauteur de nos attentes et ne faisait que planter, il y a des moments où nous avons failli arrêter. Jusqu'à aujourd'hui, cela nous a pénalisés et c'est pour cela que nous lançons une nouvelle plateforme. Notre produit, c'est notre site et en externalisant, on perd la main et on ne peut pas capitaliser dessus. Je dirai que ça a été notre erreur majeure : le développement est la première chose à internaliser."
2- "Je place en 2e position notre levée via le crowdfunding (financement participatif), qui a été un échec.A l'époque c'était vraiment très tendance. Nous avons échoué : on s'y est mal pris, c'était sans doute trop tôt dans l'histoire de Samboat avec des chiffres certes encourageants mais pas suffisants, et on a mal communiqué. Au final nous avons collecté 43.000 € sur les 250.000 € recherchés, dont beaucoup de « love money » grâce à nos proches. Ça avait du sens pour un acteur de la consommation collaborative mais nous n'étions pas assez mâtures. Je ne crois plus vraiment au crowdfunding car s'il est utile pour communiquer, c'est un processus très chronophage pour des résultats financiers souvent faibles. Nous avons finalement préféré nous tourner ensuite vers des business angels qui en plus de leurs fonds, ont apporté leurs conseils."
3- "Notre 3e regret est aussi lié à nos histoires avec le port d'Arcachon : c'est de ne pas avoir réussi à créer un dialogue avec les autorités portuaires avant que la situation s'envenime. A l'époque, ils nous massacrent, alors qu'on n'était déjà pas en très bonne santé. Ils nous ont plantés plusieurs fois la veille de nos rendez-vous. Nous aurions probablement dû essayer plus tôt de montrer « patte blanche » et leur expliquer notre activité. Même si globalement, et même si nous avons rencontré quelques réticences au début, les autres acteurs nous ont plutôt bien accueillis. Nous travaillons bien avec les acteurs traditionnels de la location et avec d'autres ports, en Bretagne notamment, avec qui nous collaborons."

Mikaël Lozano

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