Bordeaux Fintech 2017 : Saxo Banque mise sur l’ouverture des comptes

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Saxo Banque France était l'un des sponsors de la 3e édition de Bordeaux Fintech, qui s'est achevée vendredi dernier, et a notamment patronné le concours de pitchs organisé à Cap Sciences (1). Plateforme en ligne d'investissement sur les marchés financiers et de trading déjà bien installée, Saxo Banque France, filiale du groupe danois Saxo Bank, est aussi partie prenante du secteur émergent de "l'open banking", ou banque ouverte.
Appellation qui annonce en 2017 l'intensification d'une révolution déjà entamée pour les banques, qui vont devoir dès l'an prochain partager les données de paiement de leurs clients qui le souhaitent avec des opérateurs extérieurs du secteur des nouvelles technologies financières (Fintech). C'est l'une des dispositions de la deuxième Directive européenne sur les services de paiement (DSP2), qui entre en application en 2018 et qui prévoit aussi l'accès d'entreprises extérieures aux données non personnelles et libres d'utilisation détenues par les banques.
C'est dans ce contexte que Gilles Monat, nouveau directeur général de Saxo Banque France, a fait le voyage à Bordeaux. Ce dernier, qui dirige une plateforme qui permet aux utilisateurs d'intervenir seuls sur les marchés financiers et de trading, après une auto-formation de quelques jours, a trouvé tout naturel de s'impliquer dans cette édition de Bordeaux Fintech.
Saxo Banque France s'inscrit dans "l'open banking" dont l'un des objectifs est de permettre aux clients des banques qui en ont les moyens d'utiliser à partir de leurs comptes bancaires des ressources venues de l'extérieur. Tout ça grâce aux Api (application programming interface) : des interfaces de communication implantées dans les banques et par lesquelles un logiciel extérieur pourra proposer de nouvelles offres de services au client.
Pour être plus convaincant le directeur général donne ensuite un exemple concret, celui d'un épargnant sans histoire disposant de 5.000 €. "Nous pouvons lui permettre d'investir. Parce qu'un placement sans risque en épargne à long terme avec des taux d'intérêts bas, comme ils le sont aujourd'hui - et ça va durer -, ne rapporte rien ! Nous intervenons sur les aspects fiscal et technologique", éclaire le directeur général.
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Il va de soi que l'intervention directe d'un client sur les marchés financiers ou dans le trading - des opérations hautement spéculatives - n'a plus rien à voir avec la gestion d'une épargne sans risque. Si les possibilités de gains sont potentiellement démultipliées, grâce à l'effet de levier, les risques de pertes sont à l'avenant. Actions, options sur actions, obligations, marché des devises (forex) ou même produits dérivés : Saxo Banque est l'une des plateformes où évoluent des amateurs de sensations fortes. Des épargnants CSP + qui jouent sur les marchés sans le moindre intermédiaire et peuvent encaisser des pertes éventuellement très sévères. Juste avant le démarrage de Bordeaux Fintech 2017, le constructeur automobile chinois Geely a annoncé qu'il portait à 51,5 % sa participation au capital de Saxo Bank, la maison-mère danoise de Saxo Banque France. Ce qui est sans doute une forme de reconnaissance internationale du savoir-faire du groupe danois.
(1) C'est Clezer qui est arrivé à la première place, devant Neuroprofiler, Obvy, Formee et Solylend à la 5ème place.
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