Siimple / Colis-Voiturage vers une levée de fonds par ICO de 6 M€

Mikaël Lozano

Siimple
DR

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Imaginons que vous trouviez sur une plateforme e-commerce telle que Leboncoin la guitare de vos rêves, mais que le vendeur se trouve à l'autre bout de la France. Comment récupérer, sans coût prohibitif et sans faire le déplacement, l'objet désiré ? Les places de marché se développent tous azimuts mais cette problématique logistique de l'acheminement est encore loin d'être résolue. Depuis une dizaine d'années, plusieurs sites internet ont cherché à apporter une réponse en s'appuyant sur les trajets réalisés par les particuliers, sans qu'aucun n'atteigne la taille critique nécessaire à la rentabilité. Colis-Voiturage a été le premier en France à tenter l'aventure il y a 10 ans. Et c'est ce site né en Alsace que Christophe Camborde et Julien Pley ont jeté leur dévolu.
Les deux dirigeants bordelais ont déjà derrière eux de solides aventures entrepreneuriales. Christophe Camborde est ce que l'on appelle un serial entrepreneur : il a notamment dirigé Steek (stockage de données en ligne) revendu pour 27,5 M€ à F-Secure, puis Ezakus (ciblage publicitaire), rachetée par le groupe bordelais NP6. NP6 où il croisera Julien Pley, qui en était le directeur produit après des expériences chez Atos Worldline et SFR. Le duo monte ensuite Siimple il y a 18 mois à Bordeaux puis rachète le site Colis-Voiturage. Un rachat qui n'est pas le fruit du hasard : "Nous nous sommes accordés sur les ambitions et les méthodes à déployer avec les fondateurs de Colis-Voiturage", explique Julien Pley. La stratégie est clairement définie : là où la plupart des concurrents sur le marché de la livraison collaborative cherche à jouer le rôle d'intermédiaire entre les acheteurs et vendeurs particuliers, Siimple veut s'adresser en direct aux grandes plateformes et places de marché du e-commerce. Du CtoBtoC dans le jargon économique, la startup bordelaise constatant que ces acteurs voient nombre de paniers abandonnés lorsque leurs clients font face à des problématiques d'acheminement des objets qu'ils souhaitent acheter. L'idée est donc de proposer directement dans la plateforme ou la place de marché, au moment de l'achat, la possibilité d'assurer la livraison via Simple / Colis-Voiturage.
L'écran d'accueil de l'application Siimple, l'écran d'accueil pour les expéditeur de colis et l'écran de recherche de colis pour les "messagers" (crédit photo Siimple)
Un reportage de l'émission Capital, sur M6, au début du mois de juillet, a mis la startup sous les feux des projecteurs. On y découvre une famille de la région parisienne qui récolte 80 € en acheminant une guitare et des jantes de voiture jusqu'en Vendée, pour une heure de détour.
La communauté Colis-Voiturage a fortement grossi ces derniers temps :
Un premier test est actuellement déployé avec Rakuten / Priceminister. "Nous ne sommes pas du tout allergiques aux pros, sourit Julien Pley. Au contraire, Siimple se positionne, via notre application et le site Colis-Voiturage, comme un service pour les particuliers et professionnels qui ont des besoins logistiques ponctuels ou récurrents."
Si la stratégie CtoBtoC fonctionne, elle réduira le coût de la conquête clients pour Siimple, en implémentant son offre directement dans les plateformes et places de marché. La startup, qui vient de basculer sur un modèle payant après une phase gratuite destinée à faire croître la communauté, entent maintenant "faire financer l'industrialisation par les clients", explique Christophe Camborde. Ce dernier est "ceinture noire en levées de fonds" avec 25 M€ collectés au gré de ses diverses aventures entrepreneuriales, selon le mot de son associé Julien Pley. Mais le duo a choisi de se lancer dans une méthodologie de levée encore peu usitée, celle de l'ICO, l'initial coin offering.
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En clair : Siimple va émettre des actifs numériques, aussi appelés tokens ou jetons, qui donneront un droit d'usage à ses nouveaux services. Ces jetons qu'elle va appeler Siim et qui sera "le premier crypto-actif lié au transport de biens". La phase de pré-vente de tokens a débuté hier mardi 10 juillet pour trois mois, "avec une possibilité pour les investisseurs de réserver l'équivalent de 3 millions d'euros de jetons à tarif préférentiel. La même quantité de jetons sera émise pour l'ICO qui débutera le 1er octobre 2018, portant le montant total de valeur de service pré-vendu à 6 M€", indique l'entreprise.
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Entreprise d'investissement indépendante, La Financière d'Uzès a été mandatée pour accompagner l'ICO. Elle a été chargée de procéder à l'audit de la société et de son plan de développement, ainsi que de mettre en place un compte séquestre dédié pour les investisseurs durant l'opération. Elle est aussi missionnée pour vérifier l'identité de ses investisseurs.
Parallèlement, Siimple devra aussi clarifier ses problématiques de nom. Colis-Voiturage est bien ancré mais pas du tout international. A terme, seule la marque Siimple devrait perdurer.
Mikaël Lozano