Insuffisance cardiaque : FineHeart lève 5,44 M€ pour préindustrialiser son dispositif

Mikaël Lozano

L'ICOMS, développé par FineHeart, aide le cœur à battre et donc à irriguer correctement le corps
FineHeart

Mikaël Lozano

L'ICOMS, développé par FineHeart, aide le cœur à battre et donc à irriguer correctement le corps
FineHeart
Après une première levée de fonds de 6,4 M€ en 2016, FineHeart annonce avoir bouclé un second tour de table de 5,44 M€ cette fois. "Les investisseurs historiques ont tous remis au pot, en fonction de leurs moyens respectifs", annonce Arnaud Mascarell, le directeur général de la startup. On retrouve donc IRDInov, Sofimac, Galia Gestion et ACI, NACO, ainsi que la direction de l'entreprise qui reste majoritaire au capital. Arnaud Mascarell insiste également sur le soutien dès le départ d'acteurs institutionnels (Union européenne, Bpifrance, Région Nouvelle-Aquitaine...) et sur l'entrée de deux nouveaux, le fonds d'investissement américain Longview Healthcare Ventures, basé à Boston, et Doliam, holding privée française regroupant plusieurs entreprises de taille très diverses dans l'univers de la science et des technologies, dont la société Vermon, fabricant de sondes et de capteurs ultra sonores. "En 2016, nous avions accueilli au capital le fonds américain Broadview. Ce dernier investit dans des premiers tours mais n'a pas vocation à aller plus loin. La fondation qui l'a créé a construit un second véhicule, Longview, destiné à soutenir plus avant des pépites technologiques. Mais Broadview et Longview ont des organes de décision différents."
Cet apport financier va permettre à FineHeart de poursuivre ses tests précliniques et de préindustrialisation. La startup bordelaise est installée au sein de la plateforme technologique d'innovation biomédicale du CHU de Bordeaux, à l'hôpital Xavier Arnozan, et est rattachée à l'Institut hospitalo-universitaire Lyric. Egalement soutenue par Bordeaux Unitec, elle porte une innovation de rupture. Son dispositif implantable fonctionne comme une mini-turbine destinée aux personnes souffrant d'insuffisance cardiaque. Cette maladie dégénérative, considérée comme étant la 2e cause de mortalité dans les pays du G20, empêche le cœur d'éjecter assez de sang pour subvenir aux besoins du corps, engendrant dégradation de la qualité de vie des patients et mortalité précoce. "Lorsque l'insuffisance cardiaque devient sévère, certains patients se voient proposer l'implantation de dispositifs médicaux pour enrailler la faible capacité de pompage du ventricule gauche du cœur. Du fait d'un taux de complication encore trop élevé, seulement 7 000 patients sont implantés d'un dispositif d'assistance ventriculaire gauche chaque année", relève FineHeart, qui a donc conçu son propre dispositif intraventriculaire, l'ICOMS, rechargeable sans fil et protégé par plusieurs familles de brevets. Après s'être synchronisé au rythme cardiaque grâce à l'électronique embarquée, il aide le cœur à se contracter et permet donc d'accélérer le flux sanguin à travers la valve aortique. Multirécompensé par divers prix prestigieux, l'ICOMS s'avère beaucoup moins contraignant que les pompes filaires classiques et, d'après ce que démontrent les tests récents, plus sûr. La micro-turbine de 75 g est alimentée grâce à une batterie rechargeable par induction implantée également. FineHeart est également installée au Centre d'études et de recherches technologiques en microélectronique (Certem) de Tours.
En 2016, lors de la première levée de fonds, le dirigeant de FineHeart se demandait s'il pourrait continuer à maintenir en France l'entreprise ou si elle serait aspirée aux Etats-Unis.
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FineHeart envisage de commercialiser l'ICOMS en 2025 au mieux. La société bordelaise vise un marché colossal de 200.000 patients éligibles à un dispositif mais n'étant aujourd'hui pas implantés. "Nous fabriquons et assemblons déjà le cœur du dispositif, la partie pompe, et nous avons vocation à conserver en interne ces compétences. Le reste du dispositif pourra être confié à des sous-traitants qui savent très bien le faire", complète Arnaud Mascarell.
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