Dans le contexte de la crise liée au Covid-19, Bordeaux Technowest, qui accompagne une soixantaine de startups sur sept sites, salue la rapidité de la mise en place des différentes aides par l'Etat, la Région et la Métropole. Les startups n'ont pas été oubliées ! En revanche le directeur général de la technopole insiste : il va falloir que l'activité reprenne. Entre bonnes nouvelles et incertitude, François Baffou essaie de tirer du positif de cette situation inédite. Rencontre.LA TRIBUNE - Quel est l'impact de la crise sur les startups que vous accompagnez ?
FRANÇOIS BAFFOU - Les startups ont la particularité d'avoir une masse salariale plutôt faible, ce qui veut dire que leurs charges fixes ne sont pas trop élevées pour la plupart, et elles sont aussi agiles avec une culture du numérique qui facilite l'adaptation. Donc, après une première semaine de sidération, les choses se sont mises en place. Je dirais qu'au final, deux ou trois jeunes pousses sont réellement impactées sur la soixantaine que nous suivons au sein de Bordeaux Technowest. L'une d'elles dans le numérique a déjà dix salariés et donc des charges fixes importantes. Une autre vient de démarrer son activité dans le domaine du tourisme, un secteur évidemment très impacté.
Diriez-vous que les aides proposées par l'Etat via Bprifrance, la Région et la Métropole sont suffisantes et surtout correspondent bien aux spécificités des startups ?
Je n'ai aucun reproche à faire à ce niveau là, bien au contraire ! Tout le monde a su se mettre en ordre de marche. Les aides sont arrivées très rapidement, en matière de chômage partiel, de prêts, de report de taxes, ce qui est assez remarquable. Les aides répondent d'ailleurs aux besoins et se complètent. Le remboursement accéléré du crédit impôt recherche a permis de débloquer des sommes conséquentes. En ajoutant les prêts garantis par l'Etat, cela permet de tenir jusqu'à la fin de l'année.
Encore fallait-il y voir clair dans toutes ces aides ?
Bordeaux Technowest s'est, en l'occurrence, mis en mode commando pour les accompagner très vite, c'est-à-dire faire d'abord le tri entre les différentes aides et aller chercher les financements auxquels les entreprises avaient droit. Nous avons par ailleurs aidé certaines d'entre elles à entrevoir d'autres marchés. Si toutes ne peuvent pas le faire, certaines peuvent saisir l'opportunité. Chaque startup a une ou deux personnes référentes à qui s'adresser pour un suivi individualisé. Je reconnais que le situation peut être beaucoup plus compliquée pour les startups qui ne sont pas accompagnées.
Propos recueillis par Hélène Lerivrain