Devenir une licorne de la e-santé européenne d'ici à 2030 ? Ça le fait largement sourire, Nicolas Pagès, quand on lui rappelle ses propos tenus fin 2019. "Ce ne sont pas des mots que j'utiliserais aujourd'hui ! Parce que je les trouve présomptueux même si on a toujours pour ambition de devenir un acteur qui compte dans la télémédecine et dans le système de santé en général", répond le cofondateur et CEO de Satelia, avant de dessiner son nouveau positionnement stratégique :
Il est désormais à plein temps aux commandes de Satelia après avoir validé sa thèse de médecine à l'automne 2021 et été largement mobilisé pendant la crise sanitaire dans les services de réanimation du CHU de Bordeaux et l'hôpital de Libourne.
Et si l'appellation de licorne est gommée du vocabulaire, l'entreprise fondée en 2017 compte déjà 54 salariés et prévoit de doubler de taille tous les 18 mois pour atteindre environ 220 collaborateurs d'ici trois ans. Une croissance très soutenue donc qui se fait pour l'instant sans levée de fonds. Rentable, la startup double son activité chaque année pour un chiffre d'affaires de quelques millions d'euros. Sa force ? Un logiciel reconnu comme dispositif médical, disposant du marquage CE et remboursé comme tel à 100 % par la Sécurité sociale en France depuis 2018. Un point d'ancrage, développé pour le suivi de l'insuffisance cardiaque, la chirurgie ambulatoire puis l'oncologie, qui permet à Nicolas Pagès de déployer une offre plus globale aussi bien dans les grandes villes que dans les déserts médicaux :