Pourquoi OVHcloud rachète le pionnier du streaming Api.video

Maxime Giraudeau

Maxime Giraudeau
En créant Synfonium il y a deux ans, le dirigeant d'OVH Octave Klaba montrait que la course pour faire émerger un champion européen du cloud n'était pas perdue. Après avoir avalé le moteur de recherche Qwant, la plateforme française, qui vise à rassembler tous les outils numériques nécessaires aux entreprises et aux citoyens, vient de racheter Api.Video.
Cette discrète société bordelaise a été créée en 2007 sous le nom de Libcast avant d'être renommée et réorientée en 2020 sur l'hébergement et la diffusion de contenus vidéo. Avec une levée de fonds de 12 millions de dollars en 2022 et 30 salariés, elle a convaincu des grands noms tels que BNP Paribas ou les services de livraison d'Amazon qui lui confient l'hébergement de contenus diffusés en interne.
Dernier gros contrat en date : Api.Video a hébergé les films de formation des équipes et volontaires des Jeux de Paris. Soit 200 000 heures de visionnage par 50 000 personnes grâce à des serveurs hébergés en Europe. « Et sans passer par Youtube », prend en exemple Cédric Montet, fondateur de l'entreprise.
L'opération, conclue pour quelques millions d'euros, ouvre à Api, qui cherchait à se refinancer, un potentiel de centaines de milliers de clients, particuliers comme entreprises. Surtout, elle permet à OVH d'intégrer un service proposé par les géants du cloud. « Les mastodontes que sont Amazon avec AWS, Microsoft avec Azure et Google Cloud Plateform, ont tous des services de streaming vidéo propres. OVH a aussi sa carte à jouer, même s'il est beaucoup plus petit. En nous intégrant, c'était l'opportunité d'augmenter son offre de produit », détaille Cédric Montet. Un rapprochement dont Octave Klaba lui-même s'est félicité sur LinkedIn.
Après une levée de fonds abondée par des capitaux étrangers, notamment américains, Api repasse ainsi sous actionnariat européen, porté par l'espoir de bâtir un cloud souverain. « Avec OVH, on avait des choix fondamentaux assez similaires. Même si nous avions des investisseurs étrangers, on a conservé la société en France car on croit à la protection des données à l'échelle européenne », expose le dirigeant sortant. Avec le rachat, la société restera à Bordeaux et intégrera les équipes d'OVH localisées aux Bassins à flot, au nord-ouest de Bordeaux.
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Le rachat sera effectif d'ici la fin de l'année. En 2025, OVH vise une croissance de 9 à 11 % sur la base d'un chiffre d'affaires qui tutoie le milliard d'euros. L'entreprise qui a doublé de taille en cinq ans compte 1,6 millions de clients et s'affirme comme une « alternative crédible aux hyperscalers américains ».
Maxime Giraudeau
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