« Nous sommes partis du nord de Vienne, passés par la Côte d'Azur, on est allés à Venise aussi. Et maintenant nous allons à Cadaqués avec Dalí », entame Gianfranco Iannuzzi, le directeur artistique des expositions des Bassins des Lumières. La nouvelle destination n'évoque, a priori, pas grand-chose, sauf pour un habitant situé entre Perpignan et Barcelone. Cadaqués est une petite commune de pêcheurs d'à peine 2.889 habitants, noyée entre les vallons catalans et la mer Méditerranée. Ce bourg possède une particularité : il est le seul endroit où Dalí se sent chez lui. Une attache incontournable de l'artiste à observer... à Bordeaux, dans le plus grand centre d'art numérique au monde, logé dans les 13.000 m2 de l'ancienne base sous-marine.
Cette nouvelle exposition de 38 minutes embrasse parfaitement le potentiel du lieu par les effets de profondeur et la bande sonore exclusivement composée de morceaux des Pink Floyd. L'autre exposition courte - d'une dizaine de minutes - porte quant à elle sur un second prodige catalan : l'architecte Gaudí. L'œil divague volontiers au fil des enchevêtrements de formes, de couleurs étincelantes et des œuvres du maître, dont les célèbres peintures « La tentation de Saint-Antoine » ou « La persistance de la mémoire ». Si le regard est tantôt accroché aux surfaces plates, c'est en se tournant vers l'eau endormie au pied des murs que le charme entier du spectacle se révèle. Le reflet des images procure une sensation de flottement. Le monde de Dalí n'aura été que rarement aussi palpable, donnant presque l'envie de plonger dans le bassin pour le rejoindre.