Peut-on faire plus balnéaire que Royan ? La ville a bâtit tout son développement depuis le 19e siècle sur les bienfaits des bains de mer avant de devenir le paradis de l'architecture littorale suite aux bombardements de 1945. Ici, sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde, le touriste est roi. Sur la trentaine de communes du pays royanais, il y a 40 plages pour 60 médecins généralistes. Et dans la politique de l'agglomération, un grain de sable : le tourisme a littéralement pris toute la place.
« Pour nous, le plafond du ZAN [Zéro artificialisation nette, ndlr] est déjà atteint ! Nos capacités d'extension sont quasiment nulles, on a peu de réserves à disposition. Nos capacités de développement sont très réduites par rapport à nos besoins. » Constat net et implacable dressé par Vincent Barraud, le président de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique (Cara). Bienvenu dans une « quasi mono-économie » qui ne laisse rien aux autres, où les élus se cassent les dents à maintenir et développer les services essentiels pour les 80.000 habitants à l'année. Tâche pour le moins complexe quand on sait que 44 % des logements sont des résidences secondaires.
Avec ses criques, ses longues baies et falaises calcaires, la côte charentaise est un véritable balcon surplombant le plus grand estuaire d'Europe. Sur une vingtaine de kilomètres, entre Saint-Georges-de-Didonne et Saint-Palais-sur-Mer, le trait de côte est totalement urbanisé sans discontinuité. Avec une prouesse : l'agglomération abrite autant de logements que d'habitants à l'année. En été, il faut gérer les flux de masse, le reste du temps, il faut les attirer. Pour élargir la palette de l'économie locale, les élus veulent des solutions radicales.