Tatouages : vous voulez une augmentation ? Faites-vous tatouer !

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Une société américaine propose à ses salariés une augmentation de salaire de 15% contre...un tatouage aux couleurs de l'entreprise. Un gage de fidélité ?

15% d'augmentation de salaire...en échange du tatouage du logo de son entreprise. Telle est la proposition qu'une société américaine, NYC Realtor, une société de courtage immobilier, propose à ses employés, selon CBS News. Tout a commencé par un employé qui serait allé de son propre chef se faire tatouer "pour le plaisir" le logo de son entreprise, expliquait Anthony Lolli, le gérant de l'entreprise au Huffington Post. L'idée a suivi son chemin pour devenir une proposition sous forme d'un échange de bons procédés, si l'on ose dire. Concrètement, l'entreprise ne fait aucune recommandation quant à l'emplacement ni à la taille du tatouage, pourvu que les couleurs y soient. Sur le bras, derrière l'oreille ou sur la cheville, à l'arrivée la récompense est la même:15% du salaire en plus.

D'après le site américain, lundi 30 avril, une quarantaine d'employés (sur 750) auraient déjà été séduits par le concept et seraient passés par la case aiguille pour arrondir leurs fins de mois.


Le skinvertising - faire de son corps un espace publicitaire - du début des années 2000 serait-il en passe de devenir une nouvelle tendance publicitaire pour les entreprises ? Une autre façon de promouvoir leur image grâce à leurs employés? Si certaines marques, dont quelques grandes banques françaises ainsi que des célèbres enseignes de restauration rapide semblent adeptes de la publicité faisant intervenir leurs salariés, il semble qu'ici un pallier de plus ait été franchi. Encore un cran au-dessus du lip dub - ce clip promotionnel réalisé en playback d'inspiration anglo-saxonne - le tatouage semble également être un moyen d'appréhender le degré de fidélité - certes interéssé - des salariés.

"La déconnexion du lien de fidélité avec l'entreprise
"

Une façon de recréer un lien avec l'entreprise? Eric Sarrazin, responsable "Talent management" chez Mercer, expliquait à cet égard en 2011que les salariés avaient "entériné la fin de l'emploi à vie, la déconnexion du lien de fidélité avec leur entreprise. Aujourd'hui les salariés sont liés à leur entreprise par un contrat. Ils se disent : quand je trouve mon intérêt dans le job je reste, sinon je ne reste pas." Eric Sarrazin commentait alors une étude "What's working" menée par Mercier, montrant qu'un tiers des salariés français songeait à quitter leur entreprise.

Quoiqu'il en soit, l'effet buzz était au rendez-vous. En effet, l'information n'a pas tardé à faire le tour du web. Il faut dire qu'à la veille de la journée internationale des travailleurs, le 1er mai, cela était de circonstance.

Pour aller plus loin: un tiers des salariés pense à quitter leur entreprise
 

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Commentaires
a écrit le 13/05/2013 à 2:40 :
Autrefois les chevaliers portaient les armes de leur seigneur sur leur bouclier, aujourd'hui c'est le péquin moyen qui porte à même son corps la marque de son entreprise... Les maîtres ont changé (encore que...) mais les moyens employés pour dire "tu es à moi", eux, sont restés. Nove sed non nova !

En revanche, si il existait une confiance et un respect réciproques entre vassaux et suzerains d'autrefois, ce n'est pas la même chose aujourd'hui, entre les entreprises traitant les travailleurs comme du bétail humain, balancés à tour de bras dans les vagues de la mondialisation, et les conditions de travail qui empirent de jour en jour... Mais bon, on vit à une époque où des gens acceptent de manger une gamelle de chiens pour quelques biftons (télé-réalité d'il y a pas très longtemps, "Dilemme" je crois, si qqn peut confirmer...) donc ne nous étonnons pas.

C'est à se demander quelles époques méritent le titre de "barbares" parfois...
a écrit le 03/05/2013 à 21:28 :
c'est une forme de servage moderne... il faut légiférer au plus vite pour que ce genre de chose ne se produise pas en france!
a écrit le 03/05/2013 à 10:26 :
je suis sidéré de votre reportage , meme le corps est a vendre pour une marque , ah comment se sent le tatoué quand il sera viré dans les pires conditions et renvoyé au chômage ? , il voudra alors garder son tatouage qui lui rappellera sa bêtise aussi ? , on touche vraiment le sommet de l'absurde
a écrit le 02/05/2013 à 20:27 :
Oui, sauf qu'en Amérique du Nord, on ne fête pas le 1er mai :-) mais, cela ne m'étonne nullement quand on voit les émissions (Fear Factor et cie) où les gens sont prêts à être humiliés et se rouler dans la fange avant de la manger pour quelques dollars !!!
a écrit le 02/05/2013 à 20:00 :
Et pour un marquage au fer rouge ... 50% d'augmentation ?

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