Grandes manœuvres dans l’enseignement supérieur

Le campus de Montpellier SupAgro
SupAgro
Les Universités de Montpellier, de Paul-Valéry Montpellier 3, de Perpignan Via Domitia et de Nîmes ont publié, le 4 janvier, un courrier commun où elles annoncent vouloir ouvrir un nouveau type de coopération entre elles. Invoquant une disposition de l'ordonnance 2018-1131 en date de décembre 2018 et prévoyant une nouvelle possibilité de "rapprochement d'établissement", elles veulent explorer sans attendre les possibilités offertes par ce mode de coopération territoriale et examiner les conditions juridiques de sa mise en œuvre.
L'ordonnance de fin 2018 évoque d'autres modes de coopération telles que la fusion des établissements en un seul - une option que les quatre universités ne prennent pas la peine d'étudier. En revanche, si le texte maintient la possibilité de créer des communautés d'universités et établissements (ComUE), les universités de l'ex-LR ne l'évoquent que pour indiquer leur souhait d'en sortir.
Fondée le 30 décembre 2014, la ComUE Languedoc-Roussillon Universités (ComUE LRU) rassemble 4 universités, 3 organismes de recherche, 5 grandes écoles, soit 80 000 étudiants, 4 500 chercheurs et enseignants-chercheurs et 13 000 étudiants et doctorants. Structurée sous la forme d'un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, elle porte des pôles, des services et des projets inter-établissements entre organisations membres.
Or à plusieurs reprises dans ce texte, les universités dressent un bilan plus que mitigé de la ComUE LRU, taxée de "structure rigide", "ne donnant pas satisfaction aux partenaires universitaires", "devenue largement obsolète" : "trop lourde dans son fonctionnement institutionnel, trop onéreuse, assimilée à une superstructure sans grande valeur ajoutée, elle n'apparait pas en mesure d'impulser une véritable dynamique de site et brouille l'image et les projets des établissements qui en sont membres".
Dans l'immédiat, les quatre établissements indiquent qu'ils travaillent sur "un premier état de leur proposition en faveur d'une nouvelle politique de site", qui sera publié dans les prochains jours. Ils indiquent qu'ils maintiennent un dialogue avec l'État, la Région et leurs partenaires académiques, à cette fin.
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Le 19 décembre, ce sont Montpellier SupAgro et Agrocampus Ouest qui ont annoncé leur rapprochement. Ce nouvel établissement rassemblera plus de 3 500 étudiants, dont 400 doctorants et 2 000 ingénieurs, avec un budget de près de 100 M€, et comptera comptera plus de 900 personnels dont 210 enseignants chercheurs, avec 36 Unités mixtes de recherche (UMR) partenariales.
En mars 2018, un schéma de fusion à trois établissements, incluant AgroParisTech, avait été annoncé. Cette option, sur décision des ministères de l'Agriculture et de l'Enseignement Supérieur, n'a finalement pas été retenue.
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Cet établissement à vocation nationale couvrira l'ensemble des filières animales et végétales, y compris vigne et vin, horticulture et halieutique, ainsi que les problématiques du paysage, au travers d'une une palette de formations pluridisciplinaires constituée des cursus ingénieur, doctorat, masters et licences. La feuille de route prévoit une installation du nouvel ensemble en 2020.