Méconnaissance des métiers, image élitiste, attentes décalées des jeunes : le transport aérien et l’aérospatiale peinent à attirer les talents, alerte un rapport préoccupant.Si la demande aérienne reste soutenue, les entreprises de l'aérien et de l'aéronautique se heurtent à une pénurie de main-d'œuvre que la chaire Pégase qualifie aujourd'hui de « préoccupante ». Première chaire française dédiée à l'économie et au management du transport aérien et de l'aérospatial (rattachée à MBS School of Business), la Chaire Pégase publie, ce 28 mai, publie les résultats d'une enquête menée auprès de 1 049 jeunes et 509 demandeurs d'emploi français sur la difficulté de la filière à attirer des talents.
Elle révèle ainsi que seuls 24 % des jeunes de 15 à 24 ans interrogés envisagent une carrière dans le transport aérien, et à peine 14 % dans la construction aéronautique. 65 % déclarent n'avoir même jamais envisagé ces secteurs et 52 % perçoivent ces métiers comme inaccessibles ou réservés à une élite, 71 % estimant que leur formation actuelle ne leur permettrait pas d'y accéder. Enfin, les métiers industriels essentiels - chaudronnier, stratifieur-drapeur, techniciens composites - sont méconnus de plus de 70 % des jeunes, alors même qu'ils figurent parmi les plus recherchés par la filière.
25 000 embauches et des métiers en tension
Selon l'Association du transport aérien international (IATA), le trafic mondial de passagers a atteint un record en 2024 : mesuré en kilomètres-passagers payants, il a augmenté de 10,4 % par rapport à 2023 (+ 3,8 % par rapport au niveau pré-pandémique de 2019) et le coefficient d'occupation des sièges a atteint 83,5 %. Le trafic international était en hausse de 13,6 % par rapport à 2023, et le trafic intérieur a augmenté de 5,7 % par rapport à l'année précédente. Quant à 2025, elle pourrait être l'année au cours de laquelle le secteur aérien dépasserait le seuil symbolique des 5 milliards de passagers.