Quand l'informatique nous fragilise
Sophie Peters
Sophie Peters
Pas un jour, pas une semaine sans un bug informatique. Partout, la technique se joue de nous et met nos nerfs à rude épreuve. Chez nous comme au bureau. Un ami, cadre dans un grand groupe industriel, me confiait récemment son désarroi après une formation de deux jours sur un tout nouveau logiciel, censé lui faire gagner du temps. Gagner du temps?? En théorie sûrement. En pratique, c'est une autre paire de manches. Le cadre d'entreprise est devenu l'OS du logiciel. Avec l'avènement de moyens ultra-sophistiqués, en lieu et place d'une assistance humaine, il récupère une multitude de tâches. Plus complexes. D'où une charge de travail accrue. Maîtriser ces logiciels, c'est comme parler une langue étrangère?: il faut pratiquer tous les jours. Avec la multiplicité des systèmes, rares sont ceux dont l'usage est quotidien. Devant cet implacable état de fait, l'attitude du bon élève désireux d'appliquer la leçon contient un redoutable ressort. Dès lors qu'il touche ses limites, il se fragilise?: « Quoi, je ne suis pas assez intelligent, pas assez performant?; les autres y arrivent, pourquoi pas moi?? » S'ensuit un acharnement à dominer la machine avec risque d'épuisement, de sentiment d'incapacité chronique, voire d'échec et toutes sortes de pensées visant à se dire : « C'est pas possible ce que je suis nul. Surtout personne ne doit s'en rendre compte. »
Repousser la peur
Isolement, honte, colère accompagnent un sentiment d'impuissance devant un système pour lequel on a été formé et que l'on se doit normalement de maîtriser. Certains malins zappent en ayant recours au système D ou au voisin de bureau hyper au point qui sauvera la mise une fois sur deux. La plupart d'entre nous plongent dans la boucle du stress, car nous perdons l'essentiel?: la maîtrise de notre temps de travail.
Sophie Peters
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