L’IA, vorace en énergie, va-t-elle faire flamber la facture énergétique ?
Guillaume Renouard
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sam Altman, patron d'OpenAI, et Satya Nadella, dirigeant de Microsoft.
Creative Commons
Guillaume Renouard
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sam Altman, patron d'OpenAI, et Satya Nadella, dirigeant de Microsoft.
Creative Commons
Générer une image via Dall-E ou MidJourney consommerait autant d'énergie que de recharger entièrement son smartphone : c'est ce que montre une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l'université Carnegie Mellon et la jeune pousse de l'intelligence artificielle (IA) Hugging Face. Très gourmands en données, les nouveaux modèles d'IA générative font rapidement grimper la facture énergétique.
L'Agence internationale de l'énergie prévoit ainsi que la quantité d'énergie requise pour faire fonctionner l'IA va doubler d'ici 2026. Une inflation qui s'explique notamment par l'entrée sur le marché de nouvelles puces plus puissantes pour entraîner et faire tourner les grands modèles de langage (LLMs), piliers de l'IA générative.
Face à cette demande croissante, les centres de données, où tournent les processeurs nécessaires au fonctionnement de l'IA, se trouvent face à une équation difficile, en devant à la fois répondre à la gourmandise exponentielle des acteurs de l'IA tout en accroissant leur efficience énergétique pour répondre aux réglementations mondiales allant dans ce sens. Ainsi, selon Alex McMullan, « les centres de données existants n'ont pas les capacités suffisantes pour absorber les besoins énergétiques estimés de l'intelligence artificielle dans les années à venir. » Il faut donc en construire davantage, ce à quoi les acteurs de l'IA s'attellent à un rythme frénétique.
À lire également
Mais les progrès de l'IA ne requièrent pas seulement de construire tous azimuts : la technologie existante au sein des centres de données doit également s'adapter à cette nouvelle donne technologique. En particulier, les processeurs de Nvidia, plus puissants, chauffent également davantage que le matériel informatique des générations précédentes, créant des îlots de chaleur au sein des centres de données, très difficiles à gérer avec les ventilateurs traditionnellement employés. Le refroidissement liquide, une technologie qui permet de refroidir localement, mais était traditionnellement peu employée, car très coûteuse, est dans ce contexte en train de s'imposer, selon Alex McMullan.
Guillaume Renouard