Le retard accumulé par la France en matière de construction en bois par rapport à ses voisins européens, laisse entrevoir de larges perspectives de rattrapage pour la filière. Conséquence, les PME indépendantes se concentrent, comme récemment OBM et Poulingue dans le Loiret, afin de mieux appréhender le marché face aux géants du BTP. Explications.La société de construction en bois Omnium Bâtiments Modulaires (OBM), située à Chevilly en première couronne orléanaise (Loiret), vient de reprendre son homologue normande, l'entreprise Poulingue, en redressement judiciaire depuis décembre 2023. OBM, qui emploie 90 salariés et a réalisé 53 millions d'euros de chiffre d'affaires l'année dernière, passera ainsi le cap des 80 millions d'euros de recettes et portera son effectif de 150 collaborateurs.
En atteignant cette taille critique, OBM entre ainsi dans le Top 5 des constructeurs indépendants en bois, derrière le leader parisien Maître cube mais devant l'entreprise alsacienne Mathis. Si ces PME restent de taille marginale face aux majors du BTP, telles que Bouygues, Eiffage et Vinci, qui se sont diversifiés vers le bois, leur concentration témoignent d'un marché français de plus en plus mature et en voie d'expansion.
Troisième massif forestier
Limitée à 10% en moyenne en 2023 dans l'Hexagone, la part du matériau bois dans la construction varie selon ses différents marchés. Ainsi, elle oscille de 6% dans les logements collectifs à 15% au sein des nouveaux bâtiments administratifs, notamment les établissements scolaires. Ces pourcentages, même pris séparément, reste en deçà de l'Allemagne et de l'Italie, de l'ordre de 17%, sans parler des pays scandinaves où l'habitat en bois est culturel.
« Alors que la France possède le troisième massif forestier européen, elle est nettement en retard sur ce plan, explique Paul Jarquin, président de Fibois France, organisme fédérant la filière. Cela tient essentiellement à son histoire, largement tournée vers le béton, au coût du bois, légèrement plus onéreux, enfin à la législation anti-incendie. Pour autant, ce statuquo est en est train de changer, notamment grâce à l'évolution favorable des textes réglementaires ».