Il faut remonter vingt-cinq ans en arrière pour trouver un mois de septembre aussi pluvieux que celui que nous venons de vivre. En neuf mois, les villes de Paris, Strasbourg et Nice ont déjà enregistré autant de pluie qu'en une année entière. Et les premiers jours d'octobre n'augurent rien de meilleur alors que la dépression Kirk a balayé la France métropolitaine en milieu de semaine, entraînant inondations et crues impressionnantes. Ces récents événements sont autant d'illustrations alarmantes des catastrophes induites par le changement climatique, qui rend plus extrêmes tous les événements liés au cycle de l'eau, sécheresses comme précipitations.
Habituellement, les tempêtes qui arrivent en France se forment à peu près à la latitude du pays et traversent l'Atlantique depuis l'Amérique. Kirk, lui, est un ex-ouragan qui s'est formé dans l'Atlantique tropical avant de se muer en tempête à l'approche des côtes de l'Espagne et du golfe de Gascogne. Il a été alimenté par la combinaison de deux facteurs favorisant des vents forts et des pluies abondantes. Il a d'abord tiré davantage d'énergie des eaux plus chaudes de l'océan Atlantique, qui affiche actuellement des températures moyennes de surface anormalement élevées. Il a ensuite bénéficié d'une atmosphère humide intensifiée par le réchauffement global. Nourri par les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, ce dernier atteint déjà environ +1,1 °C en moyenne sur la planète par rapport aux niveaux préindustriels.