Construire au milieu d'un terrain vague, entre le port et le polygone industriel, l'usine de dessalement de Sagunto attend son heure. Depuis son inauguration en 2009, elle n'a jamais eu l'occasion de fonctionner à plein régime. Capable de produire 22 900 mètres cubes d'eau douce par jour et d'abreuver 250 000 habitants, la desaladora de Sagunto ne fournit pour l'instant que 7 200 mètres cubes d'eau journaliers à une entreprise locale de la région de Valence. « Comme les six autres usines du littoral valencien, notre usine de dessalement est sous-exploitée, car pour l'instant les villes et l'agriculture puisent encore l'eau des aquifères, qui est beaucoup moins chère », commente Mariola Durá, responsable de l'usine de Sagunto. D'autres régions du territoire espagnol n'ont pas cette chance et doivent recourir aux usines de désalinisation pour la consommation des habitants et l'irrigation des cultures. L'Espagne détient le record d'Europe, 770 usines réparties essentiellement sur le littoral méditerranéen, mais aussi dans les archipels des Baléares et des Canaries. Dans la province de Malaga ou en Catalogne, où la sécheresse est chronique, leur présence est devenue vitale. Les nappes phréatiques sont souvent à sec ou hors d'usage, car les réserves d'eau ont été contaminées.