Énergies renouvelables : tripler les capacités d'ici 2030 est possible, selon l'AIE
latribune.fr
Pour atteindre l'objectif de tripler les capacités des énergies renouvelables d'ici 2030, il faut parvenir à un rythme d'au moins 1.500 GW de capacités additionnelles par an, d’après le think tank Ember.
Reuters
Énergies renouvelables : tripler les capacités d'ici 2030 est possible, selon l'AIE
Le monde peut tripler ses capacités en énergies renouvelables d'ici à 2030 et ainsi atteindre l'objectif fixé lors de la COP28, a affirmé ce mercredi l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Des conditions sont néanmoins requises, notamment le fait de soutenir leur développement dans les pays en émergence et en développement et d'améliorer l'état des réseaux.
Les énergies renouvelables ne cessent de gagner du terrain dans le monde. Leur capacité de production à l'échelle de la planète « atteindra 2,7 fois son niveau de 2022 d'ici à 2030 », expose l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans son rapport annuel « Renouvelables 2024 » publié ce mercredi.
« Notre scénario principal prévoit que 5 500 gigawatts (GW) de nouvelles capacités renouvelables seront opérationnelles d'ici 2030 », ajoute l'organisme,« compte tenu des politiques existantes et des conditions du marché ».
De bons augures : cela signifierait une hausse annuelle des capacités mondiales de près de 940 GW par an d'ici 2030. Soit un niveau bien supérieur aux 507 GW mis en service en 2023, qui représentait déjà un bond de 50% par rapport à l'année précédente. Preuve que les choses s'accélèrent.
La Chine comme leader
L'Empire du Milieu devrait représenter près de 60% de l'expansion des capacités renouvelables dans le monde d'ici à 2030 et ainsi confirmer « sa position de leader mondial », dixit l'AIE. Si bien que le pays devrait abriter près de la moitié de la capacité mondiale totale d'énergie renouvelable à cette échéance, contre un tiers en 2010.
La Chine a déjà atteint cette année son objectif, fixé à 2030, d'installer 1.200 GW de capacités de solaire photovoltaïque et d'éolien par an. Sa capacité solaire à presque quadruplé et celle éolienne a doublé par rapport à 2020, révèle le rapport de l'AIE.
« Le succès de la Chine découle d'un soutien global aux énergies renouvelables à grande échelle et distribuées dans toutes les technologies renouvelables »,explique l'organisme.
Du côté de l'Union européenne, le rythme de croissance de la capacité renouvelable devrait doubler d'ici 2030, estime l'AIE.
« Les tendances de croissance des pays membres rendent l'ambition de 600 GW de panneaux solaires photovoltaïques du bloc à l'horizon 2030 à portée de main, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour l'éolien », prévient-elle.
Un doublement du rythme de croissance est aussi attendu outre-Atlantique. Plus globalement, de nombreux pays s'affichent volontaires. « Prèsde 70 pays, qui représentent collectivement 80% de la capacité mondiale d'énergie renouvelable, sont sur le point d'atteindre ou de dépasser leurs ambitions actuelles en matière d'énergies renouvelables pour 2030 », souligne l'AIE.
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Faire preuve de coopération
Reste que, malgré l'expansion des nouvelles capacités et la bonne volonté affiché, l'objectif de tripler les capacités des renouvelables d'ici 2030, que se sont fixés près de 200 pays il y a près d'un an lors de la COP28 à Dubaï, ne sera pas atteint à ce rythme. En effet, pour y parvenir, il faut arriver à un rythme d'au moins 1.500 GW de capacités additionnelles par an jusqu'en 2030, d'après le think tank britannique Ember.
« C'est tout à fait possible si les gouvernements saisissent les opportunités d'action à court terme »,glisse l'AIE.
Pour y parvenir, l'organisme demande aux pays d'être plus « audacieux » dans les objectifs climatiques rehaussés (NDC, en anglais) qu'ils sont censés présenter d'ici à 2025 selon l'Accord de Paris - ce dernier a pour ambition de maintenir le réchauffement de la planète sous 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle.
Mais l'AIE recommande surtout de renforcer la coopération internationale afin de réduire les coûts de financement des renouvelables, qui sont « élevés dans les économies émergentes et en développement » et ont pour effet de freiner leur croissance dans des régions comme l'Afrique et l'Asie du Sud-Est, pourtant à « fort potentiel ».
Parmi les autres défis majeurs relevés par l'AIE figurent la faiblesse des infrastructures de réseau, un problème qu'elle avait déjà pointé du doigt l'année dernière. Car le mauvais état de certains réseaux empêche le raccordement de nouvelles capacités. Si bien qu' « au moins 1.650 GW de capacité renouvelable sont actuellement à un stade avancé de développement et attendent d'être raccordés au réseau », soit 150 GW de plus qu'il y a un an.
« Les investissements dans les infrastructures de réseau sont à la traîne (...) même si les réformes du réseau dans certains pays commencent à porter leurs fruits », regrette l'organisme. Le chemin est donc encore long mais pas insurmontable, à condition de s'en donner les moyens.