Chine : la réduction d'un tiers de ses émissions polluantes d'ici 2035 est « atteignable », selon un rapport
latribune.fr
Avec des installations de capacité solaire en hausse de 28% au cours des sept premiers mois de l'année, la Chine demeure ainsi le leader au niveau mondial.
La Chine doit se fixer un objectif « fort mais réalisable » d'une réduction des émissions d'au moins 30% d'ici 2035, estime un rapport publié ce jeudi par le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA).
Selon un rapport du Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA) basé à Helsinki, la Chine peut ambitionner de réduire ses émissions de près d'un tiers d'ici 2035. A l'heure actuelle, le pays s'est engagé à stabiliser ses émissions de carbone d'ici à 2030, puis à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060.
Mais afin de tenir les engagements, Pékin doit réduire ses émissions liées au secteur de l'électricité d'au moins 30% d'ici 2035, estime le think tank. Le géant asiatique devra également réduire d'un quart les émissions provenant de l'industrie et se fixer pour objectif de réduire de plus de 35% les émissions autres que le CO2, selon cette source.
Le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde
Le pays est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, de par son immense population (1,4 milliard d'habitants) et son statut de pays manufacturier avec de nombreuses usines, et ses prochains engagements seront suivis de près.
L'objectif d'une réduction de 30% des émissions totales du pays en une décennie est atteignable selon le CREA, qui souligne la trajectoire récente de la Chine pour la décarbonation.
«C'est un objectif ambitieux, puisqu'il exige des réductions d'émissions importantes dans tous les principaux secteurs», reconnaît Belinda Schaepe, l'une des principales auteures du rapport. Mais il est réalisable «si les tendances actuelles en matière de déploiement d'énergies propres continuent» et « si la demande d'électricité reste limitée », indique-t-elle à l'AFP.
Le CREA relève les investissements massifs du pays dans les énergies renouvelables, le déploiement à grande échelles de véhicules hybrides et électriques et la baisse des émissions de son industrie.
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Le Conseil chinois de l'électricité (CEC), qui rassemblement les professionnels du secteur, a souligné que les énergies non fossiles représentaient désormais 40% de la consommation d'électricité du pays et que leur production avait augmenté de près de 80% par rapport à 2021. Avec des installations de capacité solaire en hausse de 28% au cours des sept premiers mois de l'année par rapport à la même période l'an dernier, le géant asiatique demeure ainsi le leader au niveau mondial.
«A ce rythme, la Chine devrait installer 334 GW de capacité solaire, représentant 56% des augmentations mondiales de capacité en 2024», a estimé mi-septembre le groupe de réflexion Ember, spécialisé dans l'énergie.
Le CREA enregistre « de nombreux progrès significatifs dans presque tous les secteurs », relève Teng Fei, de l'Institut de l'énergie de l'Université de Tsinghua à Pékin, mais les mesures préconisées par le rapport semblent « trop ambitieuses pour être réalisables ».
Les objectifs climatiques de l'Inde menacés par l'extraction du charbon
Les projets d'augmentation des quantités de charbon extraites dans des mines en Inde pourraient doubler d'ici 2029 ses émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, ce qui menacerait les objectifs climatiques du pays, selon un rapport publié le 18 septembre.
Le pays prévoit de faire passer la production nationale de charbon de 982 millions à plus de 1,5 milliard de tonnes d'ici à 2030, selon le ministère du Charbon. Cela pourrait plus que doubler les émissions de méthane liées aux mines de charbon d'ici à 2029 par rapport à la décennie précédente, selon ce rapport, établi par le groupe de réflexion indépendant sur l'énergie Ember.
L'Inde s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à zéro d'ici à 2070 mais est confrontée à un dilemme alors alors qu'elle doit répondre à la demande d'énergie de son économie en pleine croissance.