Au Royaume-Uni, le charbon c'est fini
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Une vue de la centrale à charbon de Ratcliffe-on-Soar, au Royaume-Uni qui ferme ses portes ce lundi. (photo d'illustration)
Reuters
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Une vue de la centrale à charbon de Ratcliffe-on-Soar, au Royaume-Uni qui ferme ses portes ce lundi. (photo d'illustration)
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[Papier publié le mercredi 18 septembre à 9h24 et mis à jour le 30 septembre à 13h39] Le Royaume-Uni s'apprête à dire adieu au charbon, ce combustible ultra polluant qui a tant compté dans son développement. Une première pour un pays du G7. Située à Ratcliffe-on-Soar, entre les villes de Derby et Nottingham, la dernière centrale à utiliser du charbon outre-Manche s'arrête ce lundi. Cette décision sonne ainsi le glas du combustible dans la production électrique du pays.
La fermeture de l'établissement, inauguré en 1967, est une étape symbolique dans l'ambition de Londres de décarboner totalement son électricité d'ici 2030, puis d'atteindre la neutralité carbone en 2050.
Les huit cheminées grises de la centrale de Ratcliffe-on-Soar, qui emploie 350 personnes, ne fumaient plus que par intermittence, notamment en cas de coups de chaud ou de coups de froid. Capable d'alimenter en électricité deux millions de foyers, la centrale a reçu au début de l'été une ultime cargaison de charbon, 1.650 tonnes, de quoi alimenter 500.000 foyers pendant huit heures.
Dans le cadre de son plan sur les énergies vertes, Londres entend notamment créer une entreprise publique, Great British Energy, basée à Aberdeen, dans l'est de l'Ecosse, pour investir dans les éoliennes flottantes, l'énergie marémotrice ou le nucléaire.
Dans cette même optique, le gouvernement a récemment nationalisé pour 630 millions de livres (746 millions d'euros) l'opérateur du réseau électrique britannique ESO, chargé de réguler l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité, afin d'y connecter plus efficacement « les nouveaux projets de production » durables.
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L'histoire du Royaume-Uni est intimement liée à celle du charbon. Ce dernier a contribué à son essor économique au XIXe siècle et jusqu'aux années 1990. Cette énergie extrêmement polluante représentait encore près de 70% de l'électricité dans les années 1980. Avant une baisse spectaculaire : 38% en 2013, 5% en 2018 et 1% l'an passé, selon l'institut Our World in Data.
Pour se défaire du combustible, les Britanniques ont compensé avec le gaz naturel, un peu moins polluant. Celui-ci représente en 2023 un tiers de l'électricité. Un quart revient à l'éolien, une proportion notable. Le nucléaire est à environ 13%. Ce changement s'explique notamment par une politique volontariste, avec des réglementations strictes à partir des années 1990 en raison de la pollution et par la fin de l'économie manufacturière, qui a réduit l'importance du charbon.
« La Grande-Bretagne a donné un exemple que le reste du monde doit suivre », souligne de son côté Doug Parr, de Greenpeace UK.
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Un tiers de l'électricité mondiale produite via le charbon
Encore aujourd'hui, le charbon compte pour environ un tiers de la production mondiale d'électricité, d'après l'Agence internationale de l'énergie, et la demande concernant ce combustible fossile a atteint un niveau record en 2022. Depuis 2000, la consommation a même augmenté de plus de 60%, selon l'AIE. La Chine est la première consommatrice de charbon dans le monde (50% de part, d'après l'AIE), devant l'Inde (près de 12%).
D'après l'AIE, ces dernières années, la hausse de consommation de charbon est multifactorielle. Les fortes tensions sur les approvisionnements gaziers, suite au déclenchement de la guerre en Ukraine, est une des raisons. Les vagues de chaleur et les sécheresses dans certaines régions du monde ont aussi fait grimper la demande, la production hydroélectrique, moins performante, étant remplacée dans ces cas-là par celle des centrales à charbon.
Combustible fossile, le charbon est l'une des énergies les plus polluantes et un large contributeur au réchauffement climatique. Sa production est en outre une source majeure de méthane, qui s'échappe des mines par des carrières à ciel ouvert et des fissures dans le sol.
(Avec AFP)
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