« Je baisse, j'éteins, je décale », martelait le spot publicitaire lancé par le gouvernement à l'octobre 2022, en pleine crise de l'énergie. Deux ans plus tard pourtant, la situation a bien changé. Car si la demande d'électricité des Français, qui a chuté plus que prévu, ne rebondit pas rapidement, la note risque d'être salée pour les particuliers comme pour les entreprises.
La raison : les investissements destinés à entretenir et développer les réseaux électriques, voués à augmenter quoi qu'il arrive, seront financés par une assiette plus petite. L'effet est mécanique : moins les usagers consommeront de mégawattheures (MWh), plus les charges fixes prélevées sur chacun de ces MWh, via les factures, seront élevées. Dit autrement, tout le monde devra payer plus cher.
C'est le principal message de la Cour des comptes, dans un rapport publié mercredi. À consommation constante, il faudra même s'attendre, d'ici à 2030, à une hausse d'environ 21% du tarif d'utilisation du réseau public d'électricité (Turpe) ! Soit environ 10 euros du MWh, du jamais vu.
Et pour cause : aujourd'hui fixé à 61 euros/MWh hors TVA (environ ¼ de la facture finale d'un ménage), ce « péage » devra financer des investissements colossaux dans la transition énergétique. Ceux-ci sont estimés à près de 200 milliards d'euros entre 2025 et 2040 par RTE et Enedis, les deux gestionnaires du réseau. Le but, raccorder les nouveaux parcs éoliens et solaires ou encore les bornes de recharge pour voitures électriques qui demandent, schématiquement, de tirer toujours plus de câbles. Mais aussi améliorer la résistance de ces derniers aux événements climatiques extrêmes, par exemple.