Électricité : les critiques pleuvent sur le plan gouvernemental pour contenir les factures
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En 2022, au pire de la crise, le « versement du nucléaire universel » n’aurait eu aucun effet.
Robert Pratta
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En 2022, au pire de la crise, le « versement du nucléaire universel » n’aurait eu aucun effet.
Robert Pratta
Rares sont les mécanismes qui font l'unanimité contre eux. Le « versement du nucléaire universel » (VNU), ce dispositif imaginé par l'exécutif pour réguler les prix de vente de l'électricité issue du parc atomique d'EDF dès 2026, semble en faire partie. Industriels, associations de consommateurs, spécialistes du marché, fournisseurs, élus de l'opposition : en dehors du gouvernement et d'EDF, difficile d'en trouver un défenseur.
Celui-ci doit permettre à l'État de redistribuer les revenus nucléaires du groupe au-delà de certains seuils, afin de préserver les consommateurs d'une éventuelle flambée des cours, comme en 2022 et 2023. Mais les inquiétudes montent, au fur et à mesure que l'échéance approche.
Aujourd'hui, c'est le rôle de l'Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Depuis 2011, ce système oblige l'énergéticien à céder 100 térawattheures (TWh), c'est-à-dire un quart de sa production nucléaire de l'époque, à seulement 42 euros le mégawattheure (MWh), afin que tout le monde profite de la rente du parc. Largement décrié par l'entreprise, dont les coûts de production ont grimpé à plus de 60 euros/MWh, il doit prendre fin cette année.
C'est là qu'intervient le VNU. Décidé fin 2023 par Bercy, il acte un changement de logiciel : plutôt que de réserver aux consommateurs une portion de la production nucléaire à un tarif régulé ex-ante, EDF pourra fixer librement ses tarifs sur le marché. S'il dépasse certains plafonds fixés par l'exécutif, le surplus sera redistribué ex-post via les factures.
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Concrètement, les limites seront déterminées par arrêté, dans le cadre fixé par la loi de finances : lorsque les prix d'EDF dépasseront ses coûts de production dans une fourchette de 5 à 25 euros par MWh, l'État ponctionnera 50 % des marges. Et 90 % au-delà de 25 à 35 euros.
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