Pour appuyer ses positions, l'Hexagone peut compter sur l'Alliance du nucléaire, ce groupement de 12 pays - plus 3 observateurs - qui s'est formé en février 2023 à l'initiative d'Agnès Pannier-Runacher (photo).
La ministre démissionnaire de la Transition écologique et énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a défendu le rôle du nucléaire face aux énergies renouvelables. Et s'est dressée contre l'idée d'un objectif européen pour 2040 qui mettrait de côté l’atome.
C'est devenu une danse rituelle. Alors même que son gouvernement a été censuré et qu'un nouveau Premier ministre a été désigné, la ministre démissionnaire de l'Écologie et de l'Énergie, Agnès Pannier-Runacher, continue de défendre bec et ongles le nucléaire à Bruxelles. Lors d'un nouveau Conseil des ministres européens de l'énergie, qui s'est tenu le 16 décembre, celle-ci a bataillé pour que les renouvelables ne grignotent pas trop de place dans les objectifs de l'Europe, au détriment de l'atome.
Et, plus précisément, pour faire valoir ses positions face au commissaire européen chargé de l'énergie, le fraîchement nommé Dan Jørgensen, un homme politique danois connu pour son opposition à la fission de l'uranium. Il y a quelques jours en effet, la lettre de mission de ce dernier, censée décrire ses priorités politiques, a été modifiée à la dernière minute pour « soumettre une initiative pour booster le déploiement du stockage de l'énergie et des énergies renouvelables, y compris en proposant un objectif pour les renouvelables en 2040 ». Ce qui ne figurait pas dans la version datée du 17 septembre, lors des auditions des commissaires par le Parlement européen.
Une ligne rouge pour Agnès Pannier-Runacher, qui s'est opposée à ce que l'Union européenne se fixe un objectif précis d'incorporation d'énergies renouvelables en 2040. Il faut dire que l'Hexagone entend se reposer, en bonne partie, sur son parc nucléaire pour générer de l'électricité bas carbone à cette échéance.
«Une telle cible semble contredire le principe de neutralité technologique [...] et crée un risque de discrimination», a-t-elle fait valoir auprès de Dan Jørgensen ce lundi, indique-t-on dans son entourage.
Aujourd'hui, il existe déjà un objectif, adopté par tous les États membres de l'UE, de disposer de 42,5% d'énergies renouvelables dans son mix énergétique en 2030. « Inutile » d'aller plus loin en se dotant d'une cible qui serait supérieure pour 2040, insiste-t-on dans le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher. Et ce, alors qu'il est possible de produire de l'« électricité pilotable, abordable, bas carbone »...et non renouvelable.
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