Voilà qui annonce des négociations difficiles sur le futur « Pacte pour une industrie propre », ce programme de la Commission européenne censé soutenir la transition du secteur industriel. Alors que se tenait le 28 novembre, le premier « conseil compétitivité » de l'UE, les discussions entre pays membres ont bloqué, une fois encore, sur la question de l'énergie nucléaire. Résultat, les Vingt-Sept se sont quittés sans texte commun.
Dans les faits, l'Allemagne et l'Autriche, vivement opposées à l'idée que l'Europe soutienne l'atome civil, ont mis leur veto à une formulation mêlant « fonds européens » et « technologies propres », rapporte ce vendredi le média Contexte. Et pour cause, qui dit « propre » - et non « vert » ou « renouvelable » -, induit une possible intégration du nucléaire dans le scope. Une subtilité sémantique aux répercussions majeures, puisqu'elle pourrait ouvrir la voie à un financement de cette source d'énergie par l'UE. Une ligne rouge pour Berlin et Vienne.
Un accord semblait pourtant s'être dessiné l'an dernier, avec l'adoption du règlement NZIA (Net Zero Industry Act). Approuvé après d'âpres négociations, celui-ci liste les technologies stratégiques à soutenir dès 2026 pour ne pas manquer le coche de la transition, face à la compétition féroce des Etats-Unis et de l'Asie, notamment. Or, il intègre bien le nucléaire civil, a rappelé jeudi le ministre délégué à l'Industrie de la France, Marc Ferracci, appelant à ne pas rouvrir le débat.