Le modèle du capital-risque, propre aux start-up, est-il compatible avec le monde du nucléaire, caractérisé par le temps long ? C'est bien la question que soulève en filigrane l'audit réalisé par le Haut-commissaire à l'énergie atomique Vincent Berger, dont certaines conclusions ont été partagées dans un article du Point la semaine dernière, alors que le rapport et sa synthèse restent classés secret défense.
A la demande d'Emmanuel Macron en février dernier, ce docteur en physique, ex-conseiller de François Hollande, a déployé un dispositif inédit. Son ambition, procéder à une évaluation complète de douze start-up du nucléaire (dix spécialisées dans la fission de l'atome et deux dans la fusion) sur les plans technique, scientifique et économique. Après avoir remis un mémoire de 100 pages, toutes se sont retrouvées au milieu de l'été à l'université Paris Dauphine pour passer six oraux devant un jury composé de 36 experts.
Six thématiques y ont été abordées : le cycle du combustible, la technologie des réacteurs, la sûreté et la sécurité, le modèle d'affaires, la qualité de l'équipe et du management et, enfin, les opportunités d'exportation et la propriété intellectuelle.