« Si tous les coups partent sur la zone havraise, la consommation d'électricité sera multipliée par quatre en 8 ou 9 ans. C'est énorme ! ». Edouard Philippe le martèle à chacune -ou presque- de ses interventions publiques dans son fief. Faute de nouvelles capacités électriques, la bascule vers l'économie décarbonée de la plaque industrialo-portuaire de l'estuaire de la Seine se fera avec un boulet au pied. L'ancien premier ministre s'en est encore alarmé dernièrement lors d'une visite à l'usine Renault de Sandouville aux côtés de Bruno Lemaire. « C'est l'un des trois facteurs limitants de la réindustrialisation avec la disponibilité du foncier et celle des talents », a expliqué en substance le maire du Havre.
Message reçu 5 sur 5 par le gestionnaire du réseau à haute tension. RTE se prépare, en effet, à lancer la construction de deux nouvelles autoroutes électriques dans la basse vallée de Seine, aujourd'hui desservie par des lignes « à grand trafic » vieilles d'une cinquantaine d'années. Au terme de trois ans d'étude et de plusieurs semaines de concertation publique, le projet dit de « transition énergétique des boucles de la Seine » vient de franchir un jalon clé avec le choix du « tracé de moindre impact » par les préfets des deux départements traversés.