Engie est-il en passe de prouver qu'il devient rentable d'investir dans les énergies les moins polluantes ? Tandis que plusieurs de ses concurrents rétropédalent sur le sujet, notamment BP, qui a fait savoir hier qu'il se détournait de la transition au profit des hydrocarbures, le groupe français maintient le cap. Chiffres à l'appui : 75 % de ses investissements, soit environ 16 à 18 milliards d'euros, seront consacrés aux énergies renouvelables, aux réseaux électriques et aux batteries durant les trois prochaines années, a-t-il indiqué ce jeudi. Une hausse par rapport à la période 2023-2025 (l'objectif était alors de 70 %) qui n'a pas effrayé les marchés, bien au contraire : le titre a grimpé de plus de 5 %, jeudi, à la Bourse de Paris.
Il faut dire que l'entreprise tricolore, qui vient de publier son plan stratégique jusqu'en 2027, peut s'appuyer sur des résultats solides : jeudi matin, ses perspectives 2025 ont été revues à la hausse. Or, l'année 2024 a été marquée par une activité « record » dans les renouvelables, avec 4,2 gigawatts (GW) de capacités ajoutées au cours de l'année, portant la puissance totale installée à 46 GW. Soit 20 GW de plus que le géant TotalEnergies, lequel vient par ailleurs d'annoncer réduire de 5 à 4,5 milliards de dollars la part dédiée aux « énergies bas carbone » en 2025 (sur une enveloppe totale de 17 milliards).