Engie met fin à un projet majeur de gaz renouvelable au Havre
Nathalie Jourdan
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L'usine devait s'installer au bord du grand canal du Havre à l'emplacement d'une ancienne cimenterie Lafarge. Un site labellisé « clés en mains » par l'État.
Haropa
En construisant la nouvelle usine « Salamandre » dans l’estuaire de la Seine, l'énergéticien français espérait fournir du gaz bas carbone à CMA CGM pour propulser ses navires. Mais le projet ne verra finalement pas le jour.
Ce devait être « la première unité mondiale de production de gaz renouvelable basée sur des technologies de pyrogazéification et de méthanation pour le transport maritime », promettait Engie, à l'été 2023. Mais l'usine du nom de Salamandre, qui devait être construite au bord du grand canal du Havre, ne sortira jamais de terre. Pas plus que n'en sortiront les 11.000 tonnes de gaz liquéfié bas carbone promises à la flotte de l'armateur CMA CGM (propriétaire de La Tribune), partenaire de l'opération.
L'information a été lâchée ce mardi 14 janvier, à Rouen, en marge d'une grand-messe sur l'hydrogène, par le président de la Région Normandie. Lequel a indiqué la tenir de la patronne d'Engie, Catherine Mac Gregor, en personne. « Salamandre, c'est cuit », a résumé Hervé Morin sans s'encombrer de détails. Renseignements pris, le géant gazier français a effectivement décidé de mettre un coup d'arrêt définitif à ce projet qui avait été annoncé en grande pompe.
L'usine devait pourtant constituer « l'aboutissement de dix ans de recherche et développement », menés par Engie sur la pyrogazéification (un procédé thermochimique à haute température qui consiste à convertir des résidus et déchets solides en gaz), expliquait à l'époque le communiqué de presse du groupe. Deux ans plus tard, il fait donc machine arrière.
Envolée des coûts
En cause, le refus de l'Union européenne d'accorder son soutien au projet mais surtout l'inflation du coût de la construction. Estimé initialement autour de 200 millions d'euros, le montant de l'investissement aurait plus que doublé dans les dernières projections. « Cela renchérissait le prix du produit final jusqu'à le rendre inabordable », indique à La Tribune, Emmanuel Schillewaert, délégué d'Engie pour la Normandie.
En revanche, le projet voisin dit KerEAUzen de production d'électro-carburants de synthèse pour l'aviation (e-saf) serait lui toujours d'actualité, selon la même source. Envisagé sur le même emplacement par le groupe gazier en association avec Air France-KLM, il prévoit de combiner de l'hydrogène renouvelable et du CO2 pour fabriquer 70.000 tonnes de e-saf par an. Pour le mener à son terme, Engie devra toutefois trouver, auprès d'autres industriels de la zone industrialo-portuaire du Havre, le gaz carbonique qu'il entendait collecter en sortie des cheminées de Salamandre. Rien n'est joué.
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