Fusion nucléaire : la France enregistre un nouveau record et détrône la Chine
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Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février.
Juliette Raynal pour La Tribune
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Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février.
Juliette Raynal pour La Tribune
Des scientifiques ont franchi un « jalon » sur la voie de la fusion nucléaire en maintenant un plasma pendant plus de 22 minutes - un record - dans le réacteur opéré par le CEA à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a annoncé l'organisme mardi.
Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose le fonctionnement de toutes les centrales nucléaires en fonctionnement sur la planète, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d'uranium pour libérer de l'énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d'hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l'hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d'énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.
Une des approches pour atteindre cette réaction consiste à créer et confiner un plasma à l'aide d'aimants extrêmement puissants. Mais ce gaz chaud, qui nécessite des températures d'au moins 100 millions de degrés Celsius et électriquement chargé, a tendance à devenir instable, ce qui peut provoquer des pertes d'énergie et limiter l'efficacité de la réaction.
Le réacteur tokamak West, opéré sur le centre du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Cadarache, est parvenu, le 12 février dernier, à maintenir un plasma pendant 1 337 secondes, soit un peu plus de 22 minutes, « améliorant de 25 % le précédent record » établi en janvier en Chine, indique le CEA dans un communiqué.
Obtenir un « plasma long » montre « qu'on le maîtrise dans sa production, mais aussi dans son maintien », souligne auprès de l'AFP Anne-Isabelle Étienvre, directrice de la recherche fondamentale au CEA.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Cependant, de nombreux verrous scientifiques, technologiques et économiques doivent encore être levés.
Dans les prochains mois, l'équipe de West compte atteindre « de très longues durées de plasma, de l'ordre de plusieurs heures cumulées » et chauffer « ce plasma à encore plus haute température pour se rapprocher au mieux des conditions attendues dans les plasmas de fusion », indique le CEA dans un communiqué. L'idée est aussi de « regarder l'impact du plasma sur la durée de vie des composants internes du tokamak face à ce plasma intense », ajoute Anne-Isabelle Étienvre.
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In fine, l'objectif est de « préparer du mieux possible l'exploitation scientifique d'Iter », le projet de réacteur expérimental lancé en 1985 par l'Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon et la Russie, explique-t-elle. Initialement prévue pour 2025, la production du premier plasma d'Iter, confronté à des retards et surcoûts considérables, a été reportée cet été à au moins 2033. En parallèle, de nombreuses start-up, notamment aux Etats-Unis, se sont lancées dans cette compétition.
(Avec AFP)
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