Fusion nucléaire : les startups américaines électrisent la course mondiale mais n’arriveront pas à temps pour sauver le climat
Juliette Raynal
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Fusion nucléaire
Renaissance fusion
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Fusion nucléaire
Renaissance fusion
2022 constitue sans nul doute une année charnière pour la fusion nucléaire. Le 13 décembre dernier, la communauté scientifique œuvrant dans ce domaine était en ébullition. Et pour cause, les Etats-Unis ont fait savoir que le Laboratoire national Lawrence Livermore (LNLL) était parvenu à produire plus d'énergie pendant une réaction de fusion nucléaire qu'il n'en avait été nécessaire pour initier le processus, du moins au niveau du combustible. « Un seuil que l'on attend depuis des décennies. Grand pas pour la fusion, petit pas pour l'énergie », commentait alors sur Twitter Greg de Temmerman, directeur général du think tank Zenon et spécialiste français de la fusion nucléaire.
Depuis les années 1930, les scientifiques tentent en effet de reproduire, sur Terre, le mécanisme à l'œuvre dans le soleil et les étoiles. Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d'uranium pour libérer de l'énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d'hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l'hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d'énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.
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La fusion nucléaire suscite d'immenses espoirs car si l'homme savait la contrôler, cette source d'énergie cocherait toutes les cases : l'électricité qu'elle pourrait délivrer serait quasi illimitée, décarbonée, sûre, et produirait très peu de déchets radioactifs à vie longue. Mais jusqu'au 13 décembre dernier, les scientifiques butaient sur une étape majeure : celle du breakeven, soit le seuil où l'énergie produite par la réaction de la fusion est supérieure à celle nécessaire pour faire fonctionner le système. C'est désormais chose faite.
Juliette Raynal