Un rapport publié ce jeudi souligne des risques pour le bon avancement des négociations sur le climat à la prochaine COP29, qui se tiendra en Azerbaïdjan, à Bakou, du 11 au 22 novembre.
Gouvernement « autocratique », promotion des énergies fossiles et corruption... Sous sa forme actuelle, la COP « risque d'être minée par des influences inappropriées d'entreprises et capturée par le secteur des énergies fossiles », met en garde le rapport publié par l'ONG Transparency International et le collectif Anti-corruption data collective. « La corruption et la kléptocratie menacent aussi l'intégrité des conférences sur le climat, y compris la prochaine COP29 à Bakou », est-il ajouté.
« L'Azerbaïdjan - avec son gouvernement autocratique, son vaste secteur des énergies fossiles et son niveau élevé de corruption du secteur public - illustre clairement plusieurs risques pour l'intégrité des conférences climat de l'ONU », résument les auteurs.
Les réserves de pétrole,« un don de Dieu »
Le choix de l'Azerbaïdjan, exportateur d'hydrocarbures, pour accueillir l'événement annuel avait déjà suscité des inquiétudes sur son entrain à encourager une sortie du pétrole, du gaz et du charbon, principaux responsables du changement climatique. Ilham Aliev, l'autoritaire président du pays, avait qualifié en avril les réserves de pétrole et gaz de son pays de « don de Dieu ».
Le rapport publié ce jeudi critique plus spécifiquement les liens entre la présidence de la COP et la compagnie nationale d'hydrocarbures, la SOCAR, dont est notamment issu Moukhtar Babaïev, président de la COP29. « La COP29 risque de devenir un nouveau forum pour les contrats et la diplomatie des énergies fossiles », au moment où « la SOCAR mène une stratégie d'expansion régionale des énergies fossiles », pointe le rapport.
Ce mélange des genres avait déjà été dénoncé par des ONG l'an dernier, à l'occasion de la COP28 de Dubaï, qui s'est pourtant terminée par un appel à une « transition » vers l'abandon des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques. Le rapport dénonce encore le fait que certains membres du comité d'organisation de la COP29 « ont été impliqués dans de gros scandales de corruption ». « L'organisation de la COP29 est déjà utilisée pour promouvoir des entreprises en lien avec la famille au pouvoir en Azerbaïdjan et d'autres proches du régime », avance-t-il, citant par exemple un contrat pour des logements. Parmi d'autres critiques, les auteurs évoquent une opération de « blanchiment de réputation » avec la création d'une « coalition d'ONG », dont certaines en lien avec le régime, tandis que le gouvernement « réduit au silence les voix critiques de la société civile ».
Par ailleurs, lundi, à deux semaines du début de la conférence, le 11 novembre, l'ONU sonne une nouvelle fois l'alarme : les engagements climatiques actuels des pays ne sont pas du tout sur la bonne voie pour contenir le réchauffement à 1,5°C et ainsi éviter les conséquences les plus catastrophiques. Ces engagements mènent à seulement 2,6% de baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2019, au lieu des 43% préconisés pour espérer limiter le réchauffement climatique à la limite la plus ambitieuse de l'accord de Paris, a alerté l'ONU Climat dans un rapport mis à jour chaque année.
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La COP29 ? « Une perte de temps totale », balaie le ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée Justin Tkatchenko, annonçant à l'AFP le boycott de la conférence sur le climat par son pays, qui en a assez « du manège qui a consisté à ne rien faire du tout au cours des trois dernières années ». « Il ne sert à rien d'y aller si nous nous endormons à cause du décalage horaire, parce que nous ne ferons rien », déclare le ministre papouan à quelques jours de l'événement qui se tiendra du 11 au 22 novembre à Bakou en Azerbaïdjan. Le ministre assure que sa position est applaudie par les autres nations du Pacifique. Ces Etats insulaires de faible altitude, tels que Tuvalu et Kiribati, sont gravement menacés par l'élévation, même modérée, du niveau de la mer. Bordée par l'océan, la Papouasie est considérée comme très vulnérable aux périls du changement climatique. En mai, un vaste glissement de terrain a englouti un village entier et enseveli plus de 2.000 personnes dans les hautes terres de la province d'Enga, dans le centre-est de l'île de Nouvelle-Guinée.