Finance climat : un premier brouillon d'accord vers la COP29
latribune.fr

Mukhtar Babayev, président de la COP29 et ministre azerbaïdjanais de l'Ecologie et des Ressources naturelles (photo d'illustration)
Reuters
latribune.fr

Mukhtar Babayev, président de la COP29 et ministre azerbaïdjanais de l'Ecologie et des Ressources naturelles (photo d'illustration)
Reuters
Un petit pas certes, mais un pas quand même. Ce jeudi, l'ONU climat a publié un brouillon d'accord sur l'objectif de finance climatique qui doit être adopté en novembre à la COP29 de Bakou. Instructif, ce document dévoile à grand trait les positions contradictoires des principaux blocs de pays.
Ce document, consulté ce vendredi par l'AFP, est une base de travail des négociations qui doivent aboutir à la COP29, sous présidence de l'Azerbaïdjan. Il recense sept options, encore incomplètes, qui synthétisent les positions antagonistes des blocs.
Pour rappel, l'objectif principal de cette COP est de remplacer l'engagement actuel d'aide climatique des pays développés, tenus de fournir 100 milliards de dollars par an jusqu'en 2025 aux pays en développement.
Et sur cet enjeu, différentes positions sont exposées dans ce brouillon d'accord. Le groupe arabe souhaite par exemple que les pays développés s'engagent, pour la période 2025-2029, à fournir au minimum 441 milliards de dollars par an de subventions, afin de mobiliser, en ajoutant les prêts et financement privés, un total de 1.100 milliards. Le groupe africain met, lui, sur la table un objectif annuel de 1.300 milliards de dollars annuel.
Depuis plusieurs mois, les pays donateurs (établis en 1992 à Rio: Etats-Unis, Union européenne, Japon, Grande-Bretagne, Canada, Suisse, Turquie, Norvège, Islande, Nouvelle-Zélande et Australie) font savoir que ces montants sont irréalistes pour leur finances publiques. Ces nations arguent notamment qu'elles ne représentent pas plus de 30% des émissions historiques et réclament donc d'élargir la base des donateurs, en particulier à la Chine et aux pays du Golfe, qui ne veulent pas en entendre parler.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Comme idée, le Canada propose donc que le nouvel objectif soit rempli par les pays définis à Rio ainsi que par ceux « qui ont un Revenu national brut supérieur (RNB) à 52.000 dollars par habitant ou sont dans le top 10 des pays émetteurs de gaz à effet de serre cumulés avec un RNB de 20.000 dollars par habitants ».
L'Union européenne, tout en affirmant que les « pays développés continuent d'avoir le rôle de chef de file dans la mobilisation du financement » climatique « à partir d'un large éventail de sources », écrivent que le nouvel objectif« ne peut être atteint que si les pays ayant de hautes émissions de GES (gaz à effet de serre NDLR) et de fortes capacités économiques se joignent à l'effort ».
Sans donner de chiffre, l'UE écrit que tous les « flux d'investissements mondiaux », publics et privés, mis bout à bout doivent atteindre au moins 1.000 milliard par an d'ici 2035. Ce, sans préciser la part d'aide qui reviendrait aux pays riches. Une formulation proche de celle des Etats-Unis.
À lire également
« Il ne reste plus que 73 jours avant le début de la COP29 et les parties doivent accélérer leur engagement sur cette priorité de négociation afin de parvenir à un consensus », a réagi Moukhtar Babaïev, ministre azerbaïdjanais de l'Ecologie et des Ressources naturelles qui préside cette 29e Conférence climat de l'ONU.
(Avec AFP)
latribune.fr