Il ne s'agit plus que d'un abîme de 11 milliards de dollars d'investissement gisant au fond de la mer Baltique, sous la forme de 1 230 kilomètres de tuyaux prêts à l'emploi mais non utilisés. Le pipeline Nord Stream 2, qui devait suivre le tracé de son cousin Nord Stream 1 en reliant la Russie à l'Allemagne pour y acheminer du gaz bon marché, n'aura jamais transporté une seule molécule outre-Rhin. Et pour cause : dès le début de la guerre en Ukraine, le gouvernement allemand a suspendu la procédure de certification, empêchant son exploitation. L'un des deux tuyaux a même explosé lors du fameux sabotage de septembre 2022, dont l'origine reste floue.
Et pourtant, l'inattendu rapprochement entre Washington et Moscou pourrait lui donner une seconde chance : ce revirement des États-Unis constitue une opportunité pour les proches de Vladimir Poutine. Après leur main tendue aux pétroliers américains afin qu'ils se réinstallent en Russie, les cadres du Kremlin chercheraient actuellement l'appui d'investisseurs outre-Atlantique pour faire renaître Nord Stream 2.
C'est ce qu'ont rapporté plusieurs titres étrangers ce week-end. À commencer par le quotidien allemand Bild : des négociations secrètes se tiendraient en Suisse depuis plusieurs semaines dans le but de relancer le pipeline, a affirmé le journal dimanche. Alors que les sociétés qui l'exploitent sont basées dans la confédération helvétique, l'ancien ambassadeur en Allemagne et envoyé spécial de Trump pour des missions particulières Richard Grenell s'y serait, en effet, rendu plusieurs fois pour préparer un accord.