Les prix du pétrole diminuent encore face aux difficultés de l'Opep+
latribune.fr

Sur un mois, les deux barils ont vu leurs cours diminuer de 5%.
Reuters
latribune.fr

Sur un mois, les deux barils ont vu leurs cours diminuer de 5%.
Reuters
Les cours du pétrole trébuchent vendredi. Vers 13h à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février, perdait 1% à 71,43 dollars quand son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en janvier, perdait 1%, à 67,66 dollars. Sur un mois, les deux barils ont vu leurs cours diminuer de 5%.
Pour rappel, pour éviter une débâcle des prix, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep+) a reconduit ses réductions de production d'or noir tout en étalant le calendrier, de 12 à 18 mois, de la réintroduction progressive de 2,2 millions de barils par jour à partir d'avril 2025. Et pour cause, l'Opep+ « dispose d'une surcapacité de production », qui ne cesse d'augmenter, avertit John Evans, analyste chez PVM.
Néanmoins, cette décision ne permet que de maintenir les cours du brut. « Ce que vise l'OPEP, c'est un prix de l'ordre de 80 à 90 dollars par baril : au-delà de 90, cela permettrait à la transition énergétique de se faire plus rapidement et en dessous de 80, ça n'équilibre pas leurs comptes », a récemment expliqué à La Tribune, Thierry Bros, expert énergie et professeur à Sciences Po.
L'organisation a par exemple décidé du report de trois mois, de janvier à avril prochain, de la hausse de 300.000 barils précédemment accordée aux Emirats arabes unis. Toutefois, le pays excède « déjà depuis plusieurs mois leur quota de 2,9 millions », d'une quantité équivalente à la hausse attendue selon les données de Bloomberg, précise Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
L'accord de l'Opep+ « montre clairement que le groupe s'inquiète à la fois d'une surabondance potentielle de l'offre et d'un manque de respect des objectifs de production par les pays membres », explique Mukesh Sahdev, analyste chez Rystad Energy.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dans le même temps, cette semaine, « les données américaines ont également dressé un tableau mitigé », ajoute John Plassard. Les stocks de brut ont chuté de plus de 5 millions de barils tandis que la production a atteint un niveau record, soulignant la robustesse de l'offre en dehors de l'Opep+.
D'ailleurs, selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE), l'offre mondiale devrait dépasser la demande l'année prochaine « d'environ 1,1 million de barils par jour », rappelle Kartik Selvaraju, analyste chez Rystad Energy.
À lire également
Et ce, notamment en raison du retour au pouvoir aux États-Unis de Donald Trump. Le républicain étant un fervent défenseur des énergies fossiles, le marché s'attend à des conditions favorables pour les compagnies pétrolières américaines. Ce qui conduirait à une production encore plus abondante de la part du pays de l'oncle Sam. Scott Bessent, possible secrétaire américain au Trésor de l'administration Trump, a d'ailleurs indiqué au Wall Street Journal sa volonté d'augmenter la production de 3 millions de barils par jour. L'AIE s'attend ainsi à ce que les États-Unis soient le principal contributeur de l'augmentation de l'offre des pays non-membres de l'OPEP+.
(Avec agence)
latribune.fr
Des solutions naturelles à la place des pesticides ? Une nouvelle chaire planche sur l'agriculture de demain
OGM : la dérogation pour les nouvelles techniques génomiques à l'épreuve des brevets
Dans le Médoc, l'arrachage des vignes laisse « un paysage de désolation »
Pollution industrielle : plus d’une entreprise bretonne sur deux investit pour réduire son impact