Les stations d’épuration par les plantes gagnent du terrain dans les petites communes
Pascale Paoli Lebailly
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Après la plantation, les roseaux de la nouvelle station d'épuration naturelle de Bohal en Morbihan vont pousser pour assainir les eaux usées de la commune.
Colas
Un sol en gravier, des membranes filtrantes et des roseaux : la phytoépuration séduit les petites communes disposant de foncier. Durables et moins coûteuses qu’un système classique, elles doivent cependant être bien dimensionnées.
Eau de vaisselle, eau des toilettes ou de lessive : les foyers français raccordés à un système d'épuration (tout-à-l'égout, station ou fosse septique) se font fort de ne pas rejeter leurs eaux usées dans la nature. Et pourtant même dans ce domaine, la biodiversité à des atouts. Méthode naturelle et finalement très ancienne, la phytoépuration, qui consiste à utiliser des plantes, notamment des roseaux, pour assainir les eaux, gagne du terrain.
Si certains particuliers installent des jardins d'assainissement sur le terrain de leur maison, de petites communes font également le choix d'une station d'épuration par traitement naturel, plus écologique et moins coûteux. Soit parce que leurs stations existantes ne sont plus conformes aux normes, soit parce qu'elles sont insuffisantes par rapport au nombre d'habitants. Surtout parce qu'elles disposent de foncier.
En Bretagne, après Kerbors, doté de ce système dit « lit planté » depuis 2018, Corseul près de Dinan, Lanrenan ou encore Saint-Suliac en Côtes d'Armor et Ille-et-Vilaine, Bohal en Morbihan inaugurera au printemps sa nouvelle station par filtres plantés de roseaux.
Pas de produit chimique, moins de consommation d'énergie
Tandis que des entreprises comme Korz ou Aquaritis, qui a traité les eaux usées de certaines péniches grâce à des barges de phytoépuration pour assainir la Seine lors des JO de Paris 2024, adressent le marché des particuliers, ces collectivités ont fait appel à des entreprises spécialisées dans le terrassement ou la gestion des ressources en eau.
À Bohal, c'est Colas, filiale du groupe Bouygues, qui a développé la station à partir de l'expertise de ses antennes en Ariège. Connu pour ses activités de construction d'infrastructures de mobilité, le groupe a élargi ses activités auprès des collectivités aux métiers de l'eau (rénovation des réseaux) et de l'environnement. Cela représente 5% de son activité en Bretagne et la station de Bohal marque sa première réalisation dans la région.
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