Production pétrolière : Donald Trump rate son pari
Juliette Raynal
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La production de pétrole dépasse la demande dans le monde, entraînant ainsi une baisse des prix du baril (photo d’illustration).
Reuters
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La production de pétrole dépasse la demande dans le monde, entraînant ainsi une baisse des prix du baril (photo d’illustration).
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Cela n'était pas arrivé depuis 2021, lorsque la pandémie de Covid-19 avait sonné un coup d'arrêt net pour l'économie mondiale. En 2026, la production de pétrole aux États-Unis devrait diminuer pour la première fois depuis cinq ans et atteindre 13,3 millions de barils par jour d'ici à la fin de l'année prochaine, contre 13,5 millions de barils par jour actuellement. Ce sont en tout cas les prévisions publiées mardi par le département américain de l'Énergie.
De quoi ébranler le programme de domination énergétique brandi par Donald Trump lors de sa campagne et le menant, une nouvelle fois, à la Maison-Blanche. « Nous allons forer à tout va », avait déclaré le président républicain lors de son discours d'investiture, une formule devenue l'un de ses slogans de campagne (« Drill baby, drill. »). « Nous allons redevenir une nation riche et c'est l'or [noir] liquide sous nos pieds qui nous y aidera », avait-il ajouté. Le président américain veut accroître la production de pétrole et de gaz pour « remplir les réserves stratégiques » et « exporter l'énergie américaine dans le monde entier ». En parallèle, Trump souhaite aussi diminuer le coût de l'énergie pour les consommateurs américains. « Mais on ne peut pas avoir les deux : une production très abondante et des prix du pétrole bas », tranche Édouard Lotz, analyste énergie chez Omnegy.
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Et pour cause, ces prévisions de réduction de la production du gouvernement américain sont directement liées à la chute des prix du pétrole, qui secoue le secteur et plus particulièrement l'industrie du pétrole de schiste. En raison d'une offre très abondante sur le marché et d'une consommation en baisse, le prix du pétrole a sensiblement chuté pour osciller aujourd'hui autour des 65-67 dollars pour le baril de West Texas Intermediate, le prix de référence outre-Atlantique. « Or, aux États-Unis, où il s'agit principalement de pétrole produit par fracturation hydraulique, les coûts de production sont beaucoup plus élevés que ceux obtenus via la méthode conventionnelle, que l'on retrouve notamment en Arabie saoudite. Le coût de production d'un baril s'y situe entre 5 et 10 dollars, contre une fourchette située entre 50 et 65 dollars aux États-Unis », expose Édouard Lotz. Résultat, de nombreux producteurs américains voient leur rentabilité s'éroder au point de faire faillite et stopper leur production.
Juliette Raynal