Depuis l'arrêté du 13 mars 2020, l'électrification de véhicules thermiques, dit rétrofit, est autorisée en France. Parmi les véhicules concernés figurent ceux de catégorie N c'est-à-dire des camions, bus et cars de plus de cinq ans. Un acteur tricolore a décidé de s'engouffrer dans cette filière en devenir : le groupe CBM, basé à Rouillon (Sarthe) et spécialisé dans les pièces détachées pour bus, cars et tramways. « Nous sommes les premiers à avoir obtenu en 2023 l'homologation pour le modèle Iveco Crossway et bientôt le Mercedes Intouro, l'homologation étant attendue pour fin 2024. Nous pourrons ainsi couvrir 80% du marché européen, soit environ 70.000 véhicules », déclare Vincent Couvreur, directeur de la division services rail, bus et car.
Accélérer dans le car électrique... C'est clairement l'objectif affiché par CBM. Une ambition qui s'est traduite depuis un an par l'acquisition de Stimio à Nantes (Loire-Atlantique), qui propose une solution de maintenance prédictive. Puis, cinq mois plus tard, par la reprise du groupe de carrosserie Besset, basé à Villeurbanne. Avant de devenir, en avril dernier, l'actionnaire majoritaire (hauteur de 70%) de Retrofleet, une entreprise pionnière de la transformation industrielle de véhicules thermiques en véhicules électriques, notamment d'autocars. Vincent Couvreur note « une vraie appétence commerciale sur le rétrofit » qui est selon lui « la seule solution permettant de décarbonner rapidement les flottes ». Un marché qui offre donc au groupe manceau de belles perspectives de développement. « Notre vraie volonté : lancer cette filière en France, ce qui passera par son industrialisation dans les territoires. » De quoi réduire de 87% les émissions de CO2.