Surprise, la France rejoint la liste des pays affectés par la désertification

En France, le département Pyrénées-Orientales a été particulièrement touché par la sécheresse, en raison du manque de pluie depuis mars 2022.
Reuters

En France, le département Pyrénées-Orientales a été particulièrement touché par la sécheresse, en raison du manque de pluie depuis mars 2022.
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Lorsqu'on évoque le désert, la France n'est pas le premier pays auquel on pense. Et pourtant : au quatrième jour de la COP16 dédiée à la lutte contre la désertification, en Arabie saoudite, l'Hexagone a créé la surprise en annonçant rejoindre la liste des pays affectés par la sécheresse et la dégradation des sols. Une liste sur laquelle figurent 169 autres Etats, sur les 197 parties à la Convention des Nations unies sur la désertification.
À la tribune de l'événement ce jeudi, Thani Mohamed Soilihi, secrétaire d'Etat chargé de la francophonie et des partenariats internationaux, a expliqué que cette décision était « un pas de plus pour prendre davantage en compte cette réalité » dans l'Hexagone. La France a donc de nouvelles obligations : tous les quatre ans, elle devra rendre compte de la situation dans ses territoires affectés, et présenter des plans d'action pour y faire face.
Pour mieux comprendre cette annonce de la France, il convient de revenir à la définition de la désertification, qui ne renvoie pas seulement au phénomène d'avancée des déserts. Selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), le sujet englobe aussi la dégradation de la propriété des sols, en matière de fertilité, de biodiversité, et de capacité à absorber le carbone. Un phénomène accentué selon la science par le changement climatique, et qui prend la forme de sécheresses de plus en plus fortes et fréquentes.
En outre, d'après le comité scientifique français pour la désertification, 1% du territoire métropolitain est actuellement affecté par ce processus. Le pourtour méditerranéen, le département des Pyrénées-Orientales, la Corse-du-Sud, l'île de la Réunion, la Guadeloupe et Mayotte sont les principales zones identifiées. Mais si les autorités tricolores ne s'emparent pas plus fortement du sujet, d'autres territoires pourraient être touchés à l'avenir.
« Les effets de la sécheresse sont généralement moins visibles et attirent moins l'attention que les événements soudains, comme les inondations et les tremblements de terre », a d'ailleurs alerté cette semaine le secrétariat de l'UNCDD, à l'occasion de la présentation de sa dernière édition de son « Atlas mondial de la sécheresse ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dévoilé lundi, à l'ouverture de la conférence onusienne, ce rapport très complet fait un état des lieux de la progression des sécheresses « en fréquence, en intensité, en étendue spatiale et en durée dans le monde entier ». D'après l'étude, le phénomène augmente, « y compris dans des régions qui ne sont pas traditionnellement associées à la sécheresse ».
De sorte que rien qu'en 2022 et 2023, « 1,84 milliard de personnes, soit près d'une personne sur quatre dans le monde, ont été touchées par la sécheresse ». Dans ce contingent, environ 85% vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Qui plus est, alerte le rapport, d'ici 2050, trois personnes sur quatre devraient être affectés, si rien n'est fait pour solutionner le problème.
Par ailleurs, les sécheresses coûtent cher aux pays touchés, l'étude estimant la facture à près de 300 milliards d'euros par an, au niveau mondial. Leur coût « dépasse les pertes agricoles immédiates, il affecte l'ensemble des chaînes d'approvisionnement, réduit le Produit intérieur brut (PIB), impacte les moyens de subsistance et entraîne des problèmes à long terme tels que la faim, le chômage, la migration », précise Kaveh Madani, co-auteur du rapport et directeur de l'Institut universitaire des Nations unies pour l'eau, l'environnement et la santé (UNU-INWEH).
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Face à la situation, l'étude recommande aux Etats de mettre en place des solutions fondées sur la nature, comme la « reforestation » ou la « gestion des pâturages ». D'après une autre étude parue en 2020, dans la revue scientifique Global Change Biology « les interventions fondées sur la nature se révèlent le plus souvent aussi efficaces, voire plus efficaces » dans 59% des cas, « que d'autres interventions pour lutter contre les effets du changement climatique ».