Une température moyenne de quatre degrés supplémentaires en France par rapport à l'ère pré-industrielle à l'horizon 2050. Ce chiffre avait fait couler beaucoup d'encre lorsqu'il avait été évoqué en décembre 2023 par Christophe Béchu, le précédent ministre de la Transition écologique.
Pourtant fondée sur un consensus scientifique dans l'hypothèse où les Etats respecteraient leurs engagements climatiques pris à ce jour - ce qui n'est d'ailleurs pas le cas -, cette hausse prévisible de la température constitue la TRACC (trajectoire de référence d'adaptation au changement climatique). Elle figure dans le troisième plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC3) présenté ce 25 octobre par le Premier ministre et la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher en déplacement à Givors dans le Rhône, l'un des nombreux territoires frappés par les inondations ces dernières semaines.
Et cette température de référence change tout. Pour Pascal Berteaud, directeur général du Cerema, qui, en tant que cheville ouvrière de l'aménagement du territoire, se revendique comme « l'établissement de l'adaptation », « la véritable rupture de ce plan, c'est qu'on cesse de se voiler la face ». Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique et président de la commission spécialisée du Conseil national de la transition énergétique sur l'adaptation, voit également dans cette TRACC l'objet essentiel du plan : « Cela va mettre fin à la multiplicité de scénarios jusqu'ici à disposition des collectivités et des entreprises ».