Climat: les moindres avancées et les nombreux échecs de la COP29
latribune.fr
Parmi les « avancées » relevées par la ministre française de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher figure « un accord historique, après neuf ans de négociations, sur un cadre de marché volontaire du carbone, avec une volonté de garantir une...
La décision fixant aux pays riches l'obligation de financer « au moins 300 milliards de dollars par an d'ici 2035 » pour soutenir la transition énergétique et l'adaptation au changement climatique des pays en développement déçoit sur plusieurs points. Sur l'atténuation, aucun texte n'a été adopté à la conférence des Nations Unies sur le climat qui s'est tenue à Bakou.
Conclue dimanche en pleine nuit à Bakou, la 29e conférence des Nations Unies sur le climat a accouché d'un accord accueilli par de nombreux pays et ONG comme une déception.
« Aucun pays n'a obtenu tout ce qu'il voulait, et nous quittons Bakou avec une montagne de travail à accomplir. Ce n'est donc pas l'heure de crier victoire », a résuméle chef de l'ONUClimat, Simon Stiell.
Quelques moindres avancées sont saluées.
Plusieurs déception sur le financement des pays pauvres
La principale décision est celle fixant aux pays riches -désignés en 1992 comme responsables historiques du changement climatique- l'obligation de financer « au moins 300 milliards de dollars par an d'ici 2035 » pour soutenir la transition énergétique et l'adaptation au changement climatique des pays en développement. Ce « nouvel objectif quantifié collectif » remplace le précédent, de 100 milliards par an. Mais c'est deux fois moins que ce que réclamaient les pays en développement, et un effort très réduit si l'on prend en compte l'inflation, ont fustigé les ONG.
Ces 300 milliards doivent être le levier permettant d'atteindre un total 1.300 milliards de dollars par an d'ici 2035 à destination des pays en développement, selon l'accord: un chiffre qui correspond à leur besoin en finance extérieure, tel qu'estimé par des experts mandatés par l'ONU, Amar Bhattacharya, Vera Songwe et Nicholas Stern. Le texte prévoit que la contribution des pays riches provenant de leurs fonds publics soit en effet complétée par des investissements privés qu'ils mobilisent ou garantissent, ou par des « sources alternatives » (d'éventuelles taxes mondiales, toujours en cours de réflexion, sur les grandes fortunes, l'aviation ou le transport maritime).
Selon la formulation du texte, « les pays développés montrent la voie » pour atteindre ce montant, ce qui signifie que d'autres peuvent participer. L'accord de Bakou se limite à « inviter » les pays non développés à fournir des contributions financières, qui resteront « volontaires ». Or, selon les pays occidentaux, la liste des Etats à qui incombe la responsabilité de la finance climatique aurait dû être plus large: elle aurait notamment dû inclure la Chine, Singapour ou des pays du Golfe, voire l'Inde ou la Corée du Sud.
Désormais, les financements climatiques des pays non développés accordés via des banques multilatérales de développement pourront être comptabilisées dans l'objectif des 300 milliards: une nouveauté dont les Européens se sont félicités. Dans ces fonds multilatéraux les45 pays les moins avancés (PMA), et le groupe d'une quarantaine de petits Etats insulaires, voulaient qu'une part de l'aide financière leur soit explicitement réservée, contre l'avis d'autres pays africains et sud-américains, sont prioritaires.
Alors qu'aujourd'hui 69% de la finance climatique est constituée de prêts, la question d'un recours plus intense aux dons est renvoyée à une feuille de route censée produire un rapport pour la COP30 à Bélem, en novembre 2025 au Brésil, sur la manière de démultiplier la finance climatique.
Service minimum sur la sortie des fossiles
« Sur l'atténuation, aucun texte n'est adopté, ce qui envoie un message très négatif et marque un vrai échec pour cette COP29 », a souligné la ministre française de la Transition écologique en référence à la réduction des rejets de gaz réchauffant la planète.
Toute mention explicite à la « transition » vers la sortie des énergies fossiles, acquis principal de la COP28 de Dubaï, a disparu dans la finalisation des principaux textes, sous la pression des pays producteurs. Elle n'apparaît qu'implicitement dans des rappels de l'existence de l'accord adopté l'an dernier.
Mais le texte censé renforcer la mise en œuvre de ce dernier n'a finalement pas été adopté à la clôture de la COP29, après une longue bataille qui l'avait déjà en grande partie vidé de sa substance. L'Union européenne espérait notamment obtenir un suivi annuel des efforts pour sortir du pétrole, du gaz et du charbon, mais elle n'a pas réussi.
Enfin un accord sur un marché volontaire du carbone
Pour le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, l'accord doit toutefois désormais être considéré comme une « fondation » à consolider. Le chef de l'ONU a souligné qu'« un accord à la COP29 était absolument essentiel pour maintenir la limite de 1,5 degré », objectif de réchauffement maximal des températures planétaires. « Et les pays ont tenu leurs promesses ».
Désormais, cet accord « doit être honoré dans son intégralité et dans les délais », et « les engagements doivent être rapidement transformés en argent liquide. Tous les pays doivent s'unir pour veiller à ce que la fourchette haute de ce nouvel objectif soit atteinte », a mis en garde Antonio Guterres. Il a aussi appelé les pays à présenter de nouveaux plans d'action climatique « bien avant la COP30, comme promis ».
Parmi les « avancées » relevées par Agnès Pannier-Runacher figure « un accord historique, après neuf ans de négociations, sur un cadre de marché volontaire du carbone, avec une volonté de garantir une intégrité environnementale ». Il « pourrait permettre un vrai développement des marchés internationaux des crédits carbone ».
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Pour le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, l'accord doit toutefois désormais être considéré comme une « fondation » à consolider. Le chef de l'ONU a souligné qu'« un accord à la COP29 était absolument essentiel pour maintenir la limite de 1,5 degré », objectif de réchauffement maximal des températures planétaires. « Et les pays ont tenu leurs promesses ».
Désormais, cet accord « doit être honoré dans son intégralité et dans les délais », et « les engagements doivent être rapidement transformés en argent liquide. Tous les pays doivent s'unir pour veiller à ce que la fourchette haute de ce nouvel objectif soit atteinte », a mis en garde Antonio Guterres. Il a aussi appelé les pays à présenter de nouveaux plans d'action climatique « bien avant la COP30, comme promis ».
Quant à l'ambiance générale, la conférence de Bakou a été marquée « par une vraie désorganisation et une absence de leadership de la présidence » azerbaïdjanaise, a affirmé Agnès Pannier-Runacher. La ministre française avait annulé son déplacement à Bakou sur fond de tensions diplomatiques entre la France et l'Azerbaïdjan.